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Liste des 85 Multinationales Qui soutiennent la guerre en RD Congo

Coltan-en-rd-congo-cheikfitanews.jpg

Le saviez-vous ? Il y a du sang dans mon portable et ma TV, c’est ce que je viens de découvrir en regardant un ancien reportage de Canal Plus datant de 2009 sur le pillage des matières premières de la RDC, notamment le Coltan, par les multinationales occidentales. Le Coltan est un minerai entrant dans la composition de nombreux composants électroniques que l’on retrouve dans les portables, les télévisions, les ordinateurs, les armes : missile. Voici la liste des 85  multinationales (ci_dessous) mises en cause par l’ONU, dans le pillage de la RDC et dans le financement indirect de la guerre civile à l’Est, dans un rapport de 2003. Suite à ce rapport, l’ONU n’a pris aucune sanction et n’a pas fait appliquée l’embargo préconisé. - 

.lire la suite en Cliquant sur ​​le lien suivant:  http://direct.cd/2013/07/19/liste-des-85-multinationales-qui-soutiennent-la-guerre-en-rdc.html

 

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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 17:08

Nous vous livrons ci-dessous la deuxième et avant-dernière partie des réponses de Colette Braeckman, lors de sa rencontre avec des membres de la communauté congolaise de Belgique. Certains propos sont durs et à la limite de l’acceptable. La médiatisation de l’opinion congolaise en Belgique étant très timide, pour l’histoire, il sied de restituer le plus fidèlement possible ce qui s’était dit. Dans tous les cas, l’ambiance du jour n’était-il pas électrique ?

 

 

QUESTION   … Je voulais mettre ces balises pour bien comprendre. Quand on lit dans « les nouveaux prédateurs, on voit comme si l’histoire ça se brouille entre Kabila, Kagamé et Museveni, et l’occident est dédouané complètement. On voit petit à petit la disparition du rôle de la Belgique, des Etats-Unis et tout ça, et on présente ça comme un conflit entre les Africains eux-mêmes. Et moi ma question c’est celle-là, est-ce que c’est voulu ? Parce qu’elle sait bien qu’il y a des implications internationales qui sont intervenues là-dedans. Alors pourquoi dans les nouveaux prédateurs on a l’impression comme si le conflit était complètement africain ?

 

CB   Je n’étais pas lu à fond ou tout à fait. Parce que je parle beaucoup du rôle de la Belgique, de l’union européenne. Parce que j’ai passé beaucoup de temps notamment sur un chapitre à expliquer de l’inégalité des traitements. Où l’UE accordait des fonds d’aide de développement pratiquement illimités au Rwanda et à l’Uganda alors qu’elles plaçaient le Congo sous embargo, et j’explique dans ce chapitre qu’en faisant cela, l’Union européenne indirectement, mais peut-être pas involontairement, finançait la guerre d’agression en accordant cette aide aux pays voisins. Et je sais aussi que j’ai écrit… Je ne sais plus très bien dans quel chapitre que la Belgique s’était malheureusement désintéressée de la situation de son ancienne colonie jusqu’en 1999 où elle a fermé les yeux et a refusé d’intervenir. Et Je pense jusqu’à aujourd’hui que c’est une des causes de la guerre, c’est que la Belgique a laissé faire pendant trop longtemps et que certains gouvernants en Belgique disaient, je me rappelle encore de ça « Je ne veux pas me rendre en Afrique centrale comme ça je suis sûr de rester objectif. » C’est qui était une façon de détourner le regard et de ne pas s’impliquer. En tout cas ça je suis sûre de l’avoir écrit dans de nombreux articles et dans des livres.

 

L’animateur montre à l’invitée un extrait qui pourrait illustrer cela.   p. 187

.   p. 187

 

CB  « l ‘entreprise d’exploitation telle qu’elle fut organisée par les africains fut plus brutale encore que celle qu’avait menés les colonialistes d’antan. Les seigneurs de la guerre ont fait jouer la loi du plus fort. Et c’est les grandes puissances et les sociétés minières qui ont cherché à chasser Kabila pour atteindre des objectifs à long terme. Les opérateurs sur le terrain ont pour leur part nourri des ambitions plus limitées, s’emparer de tout ce qu’ils avaient sous la main et au plus vite… »

 

QUESTION Au sujet de ce problème très sensible des pillages des richesses du Congo et des tentatives d’en faire un Etat écartelé et divisé en petits morceaux. J’aimerais savoir ce que vous en pensez de ce qu’a écrit monsieur Pierre « Baratchétché » que vous avez eu certainement l’occasion de lire et que certains d’entre nous n’ont pas eu l’occasion d’apprécier parce que sa brochure a été curieusement retirée de la circulation d’une manière précipitée. Et Ceux qui veulent la lire nous savons où la trouver. Et dans sa brochure il explique les fondements de la guerre en Afrique centrale en soulevant le rôle joué non seulement par les sociétés minières internationales, mais aussi par les gouvernements des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et tant d’autres les Canadiens, et par certains congolais eux-mêmes.

 

CB  Maintenant je pense qu’on devrait aussi actualiser sa réflexion et se dire qu’à l’époque on a assisté au pillage colonial, il y a eu le pillage de l’époque mobutiste, il y a eu le pillage de la première guerre du Congo et que maintenant on assiste à une autre forme de pillage plus structurée durant la période de transition. Alors une réflexion que je me fais est que peut-être on pourrait partager ensemble et que le pillage dépend aussi de la nature des produits qui excitent la convoitise. Je m’explique. C’est que dans les années 2000-2001, le cours du coltan était extrêmement élevé. Et c’est donc ce produit là qui excitait la convoitise. Or le coltan, l’or sont des matières qui ne demandent pas de grandes exploitations lourdes. On peut y aller et prendre la terre et la sortir. C’est ce qu’on a vu notamment au Kivu où on emmenait par camions entiers des terres du Kivu pour en extraire à l’étranger le colombo-tantalite. Par contre l’appétit pour les matières premières s’est modifiée après, vers 2003 2004. là on a assisté au niveau mondial à la hausse des cours du cuivre, du cobalt, là cette exploitation-là pour être rentable demande des investissements lourds et donc à plus long terme. Et des investissements lourds ne peuvent se faire que dans une situation politique plus stabilisée. Et je me demande s’il n’y a pas une corrélation entre les efforts de stabilisation du cadre politique et les appétits miniers qui avaient changé d’objet au cours des années. Et si l’on développe cela, on pourrait revenir sur les contrats miniers qui ont été conclus durant la période de transition.

 

QUESTION  Qui sont ces prédateurs ? Qui ont formé ces prédateurs ? Parce que Madame Colette Braeckman a parlé avec Mobutu, elle connaissait Mobutu, elle a parlé avec Kabila et Kanambe, et aujourd’hui elle connaît bien Bemba, qui sont les formateurs des prédateurs ? Parce qu’elle a le livre.

 

Il y a longtemps que je cherche à la voir pour poser cette question. Il existe un miracle au congo. Madame Colette Braeckman connaît bien tous ces gens politiques.

 

CB  J’ai envie de vous répondre par une citation. Un journaliste disait à Mobutu que son régime était corrompu. Il répondait : « Il y a les corrompus, il y a aussi les corrupteurs. » Là je pense qu’il avait tout à fait raison. Et lors de la grande querelle belgo-zairoise en 89 on avait raison à Kinshasa de dire que pour un franc que la Belgique investissait au Congo, il en sortait trois qui venaient en Belgique. Et donc là l’exemple de la corruption est venu… Il est ancien et qu’après on a essayé de rectifier le tir mais que la corruption est quelque chose qui est devenue fortement enracinée. Et que les conditions actuelles de la crise l’ont évidement développé. Et lorsque vous avez un Etat qui ne peut plus payer ses fonctionnaires, qui ne peut plus payer ses enseignants, on ne peut pas s’étonner du fait que tout le monde à tous les niveaux, du plus petit jusqu’au plus grand vive de la corruption, c’est-à-dire de la ponction sur la population. Et je crois que c’est la situation actuelle où l’on est aujourd’hui et vous me demandez qui sont les corrupteurs. Malheureusement, c’est le mal numéro un du Congo, du plus petit niveau jusqu’au plus élevé. Mais j’ai aussi envie de vous dire, mais c’est peut-être un peu démagogique, mais lorsque je vois des fonctionnaires internationaux qui dénoncent la corruption mais qui touchent eux des salaires fabuleux de je ne sais pas combien d’euros par jour de travail et qui disent qu’un instituteur qui demande quelques dollars pour nourrir sa famille, qui fait payer les parents que c’est la corruption, là je reviens à la phrase de Mobutu « Qui sont les corrompus, qui sont les corrupteurs, finalement ? » La corruption, elle est sur toute l’échelle.

 

Question

 

Brouhaha

 

Poser la question sur les raisons de la première guerre de l’AFDL de 1996 à Colette Braeckman pour qu’elle nous dise quels sont les tenants et les aboutissants de cette guerre, je pense que c’est se moquer des congolais. Avec tout ce qui s’est passé au Congo, beaucoup de congolais se sont renseignés, se sont bien informés sur les enjeux de cette guerre d’agression sur le congo. Et les experts militaires l’ont dit et peuvent même le répéter aujourd’hui. Au moment où le Congo a été agressé en 96, le Rwanda, l’Uganda et le Burundi réunis ne pouvaient pas disposer d’une force militaire ni d’une capacité financière pour pouvoir tenir une guerre contre le Zaïre, même pendant deux semaines, et si elles ont tenu pendant plus de cinq ans…

 

Interruption : ça c’est votre analyse…

 

( Long brouhaha)

 

… Il n’y a pas longtemps, on a suivi les réactions de l’Union européenne sur les élections au Nigeria. On a dit qu’il y a eu fraude. On a suivi comment on a parlé de Mugabe quand il a juste égratigné ses opposants. Mais on a suivi l’Union européenne qui a dit que tout s’est bien passé au Congo. Et là encore c’est très important pour les Congolais pour qu’ils comprennent que le Congo c’est un cas particulier, c’est un cas à part. il y a eu fraude au Nigeria, l’Union européenne s’est déclarée officiellement qu’il y a eu fraude, que les élections n’étaient ni démocratiques, ni transparentes, ni libres. Mais pour le Congo… Alors c’est vous dire pour parler du Congo, pour savoir les raisons de la guerre au Congo, il ne faut pas nous amener quelqu’un qui encense tous les temps les instruments que l’occident a mis au Congo pour pouvoir exterminer les Congolais… alors Colette Braeckman n’est pas bien placée pour parler du congo. Maintenant la question est celle-ci :

 

Brouhaha …

 

CB   On ne peut tout faire à la fois, lire des articles, poser des questions et crier…

 

Du temps de Mobutu, j’ai amplement dénoncé les responsabilités de la Belgique, les complicités de la Belgique avec la dictature de Mobutu et plus tard que l’Uganda et le Rwanda avaient du matériel neuf qu’ils n’avaient sûrement pas acheté eux-mêmes qui leur permettaient de mener la guerre. Et je pense que, et c’est même ça qui m’a inspiré le livre précédent avant « les nouveaux prédateurs » qui s’appelait « l’enjeu congolais » et qui expliquait le soutien de l’occident à cette agression du Congo. C’est un peu dommage que monsieur n’ait pas eu le temps de lire cela ni même d’écouter, mais il est vrai qu’on ne peut pas tout faire à la fois.

 

QUESTION   Je viens d’un village dans le Bandundu, ça ne vous intéresse vraiment pas. C’est coincé entre les Bayaka et les Bapende . Chez nous on dit que quand deux personnes se battent dans un village. Tous les deux ils ont tort, l’une des personnes a raison. Première chose. La deuxième chose, on m’a toujours répété « dans un village, l’arbre où dort le coq, c’est l’habitant du village qui connaît cet arbre-là.» Mais j’ai l’impression qu’il y a des gens qui connaissent l’arbre avant que l’œuf n’ait donné naissance au poussin qui deviendra le coq. Donc il y a des sous-cartes que nous ignorons. Madame Colette Braeckman moi je vous connais depuis trop longtemps, j’ai lu la plupart de vos écrits. Ne demandez pas à cette foule qui est ici si tout le monde vous a lu. Ce n’est pas possible. Ça c’est une question qui ne se pose même pas. Parce que vos livres il faut avoir trente, cinquante euros pour vous lire, il faut organiser autre chose pour une vulgarisation de tous vos écrits. Mais l’occasion qui nous est donnée ici, nous sommes en plein Congo ici. Ce lieu-ci s’appelle « l’espace Matonge » Là où vous êtes madame Colette Braeckman, vous n’êtes pas en Belgique, vous n’êtes plus en Belgique là, c’est un territoire congolais, et les jeunes gens que je vois là qui sont mes fils qui s’énervent, ils savent pourquoi ils s’énervent.

Moi j’ai des enfants dans cette salle qui s’énervent, c’est parce qu’ils ne voient pas peut-être quelque part la situation des parents que nous sommes et tout. Donc ça il faut le prendre à ce niveau là, au deuxième degré. On n’est pas contre vous. Mais madame Braeckman, je vous prie, si vous connaissez des choses que nous ne connaissons pas encore, qui vont arriver demain, au Congo, dites-le-nous, pour que nous prévenions nos familles qui sont là-bas (…)                                                                                             QUESTION  Madame, vous avez publié il y a de cela… avant les élections, vous avez dit que les Bana Congo et l’UDPS, ce sont des anti-élections au Congo. Qu’est-ce que nous avons constaté quand vous avez parlé de cette question, nous avons pensé ceci. Lorsqu’on est en train de nous juger que nous sommes des anti-élections au Congo, d’après les élections que vous avez publiés. Qu’est-ce que nous observons maintenant, le 30 juin 2005, les Bana Congo ont mobilisé tous les Congolais de l’extérieur qui sont venus en Belgique. On a manifesté pour dire que le système en place, c’est un système sanguinaire, criminel, ce système-là ne peut pas donner la paix au peuple congolais. Nous ne pouvions pas aller aux élections pour légitimer les criminels. Vous avez dit que nous sommes des anti-élections. Maintenant, au moment où nous parlons, qu’est-ce que vous avez observé sur le terrain ? Est-ce que nous les Bana Congo nous avons raison comme on avait dit qu’on ne peut pas aller avec ces gens-là aux élections, ou c’est vous qui avez raison, parce que Kabila est en train de tuer au pays, ? Deuxième question. Madame, je me rappelle bien, avant de venir ici en Belgique, j’étais à Kinshasa. L’autre fois vous êtes venue nous visiter à la prison de Makala. Vous étiez là à côté de Léon Muntuntu si je me rappelle bien, vous êtes venue là-bas. A ce moment-là vous luttiez contre Mobutu, et vous étiez membre de l’UDPS. Je me rappelle bien. Vous étiez avec Léon Muntuntu et j’ai vous avait vu, vous êtes entrée en soutane pour voir les gens de l’opposition. Avec le mouvement que vous aviez fait, cela a amené beaucoup de gens dans l’opposition. Et aujourd’hui où est-ce que nous en sommes ? Parce que vous étiez venue au Congo pour dire que Mobutu était ceci, vous avez publié autant de livres. Maintenant tout ce qui se passe au pays, nous qui vous avions suivi, parce que moi je suis allé là-bas lorsque je vous ai vue que vous étiez avec l’opposition. Maintenant où  sommes-nous ? J’aimerais savoir la réponse, pour dire à nos frères qui est touchant. Quand vous voyez nos jeunes frères, ils sont en train de parler, c’est touchant. Les Congolais n’ont pas l’esprit d’analyse, ils ne sont que des exécutants. Lorsqu’on analyse de tels forums, ils viennent seulement pour applaudire. Vous tous nos aînés qui êtes dans cette salle, vous connaissez beaucoup de choses. Mais madame est là, au lieu de prendre le micro et intervenir, vous êtes là pour flatter. Ce n’est plus le moment de flatter. C’est le moment de dire la vérité, afin qu’elle sache que le Congolais ne veut plus. Le Congolais d’hier n’est plus le Congolais d’aujourd’hui madame.

 

CB  Je voudrai dire une ou deux choses. C’est que,d’abord c’est à titre personnel. Je n’ai jamais été membre de l’UDPS. Je suis journaliste. Et c’est vrai que je me suis souciée à l’époque des gens de l’UDPS qui étaient en prison, mais je vous signale aussi qu’il y a un mois j’étais allée rendre visite à madame Nlandu qui était en prison pour voir comment elle se portait. J’ai donné de ses nouvelles à sa famille. Je n’ai pas écrit dans mon journal, mais en tout cas je suis allée la voir et si la situation avait été vraiment dramatique, j’en aurais parlé. Mais en tout cas j’ai donné des nouvelles à sa famille et je suis cette situation vraiment de près. Autre chose, la répression qui a eu lieu maintenant, lorsque monsieur Bemba était assiégé dans sa résidence, je lui ai téléphoné pratiquement tous les jours pour prendre de ses nouvelles et pour rendre compte de la situation dans le journal. Ça on pourrait en parler après. Mais par rapport aux élections, je comprends très bien les objections qui étaient celles des Bana Congo. Mais la position qui était celle des beaucoup d’entre nous enfin de beaucoup de journalistes et la mienne, c’est qu’il fallait voir d’où le pays… où le pays était et où il voulait aller. Il fallait d’abord sortir de cette situation de morcellement d’occupation par des armées étrangères, situation de guerre… Et il fallait encourager un processus. Et l’erreur que beaucoup ont faite c’était de croire que les élections c’était la fin, que c’était un aboutissement. Alors que c’est simplement une étape dans le processus qui doit aller vers une plus grande libération du pays. Et on constate que maintenant il y a eu des ratés, il y a eu des dérapages, on pourra certainement y revenir. Mais je pense qu’une grande majorité de la population congolaise était d’accord pour sortir premièrement de la guerre, deux de la division, trois de la transition et du 1+4 et pour aller vers autre chose. Cette autre chose dans laquelle on est maintenant n’est certainement pas l’idéal, n’est pas parfait. On peut parler des dérapages, des violences autant que vous voulez, on est dans une nouvelle situation. Et la lutte continue. Et le Congo doit continuer à avancer.

 

QUESTION

 

Est-ce que vous avez le sentiment d’avoir couvert de manière impartiale les élections congolaises pendant la période de l’élection présidentielle ? Par exemple, chaque fois que je lisais « le soir » ou d’autres journaux, on dit « le président sortant » quand c’est Kabila. C’est normal. Chaque fois qu’il s’agissait de Bemba, on dit toujours « l’ex-rebelle » Ca peut paraître anecdotique. Mais c’est comme si quelque part on savait très bien… Que les Kabila père et fils ont été aussi des rebelles. Que des rebelles, il y en a eu d’autres. J’ai lu par exemple dans Jeune Afrique aussi, on dit « les députés de Bemba » Est-ce que les députés peuvent appartenir à une personne ? Dans la presse, n’y a t-il pas des expressions, une façon de… Quand je disais couvrir de manière impartiale, est-ce que chaque fois qu’il y avait une photo de telle dimension de Kabila, est-ce qu’il y avait soit dans l’article du même numéro, soit dans le numéro suivant, une photo de Bemba, de la même dimension ? Parce qu’ici, on suit ces choses de très prêt. On peut même compter les minutes. J’ai gardé en tout cas les journaux de cette époque. Je crois qu’il y avait une inégalité de traitement par rapport aux deux protagonistes.

 

QUESTION 

 

Je vais renchérir sur l’intervention de Samson à propos des élections. Effectivement, nous les congolais qui vivons ici à l’étranger nous avons été très frustrés par la façon dont la presse belge a traité nos positions par rapport à ces élections. Je vais donner quelques éléments. Il y a eu élection en France et tout le monde était content qu’il y a eu 85% de participation. J’ai écrit des articles, et entre autre je vous avais interpellé dans mes articles, j’avais dit ceci : Au Congo, nous sommes soixante millions d’habitants. Quand on a fait le recensement on nous avait annoncé avec trompette qu’il y avait vingt-quatre millions d’enrôlés ! Quand il y a eu le référendum, il y a eu seize millions de personnes qui ont participé. C’est le même chiffre aux élections et quand monsieur Kabila est passé, il avait eu à peine neuf millions de voix sur le corps électoral enregistré qui avait été de vingt-cinq millions. C’est-à-dire moins de cinquante pour cent par rapport au corps électoral, et moins de cinquante pour cent de cinquante pour cent par rapport à l’ensemble du Congo. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que nous on avait voulu qu’il y ait d’abord le recensement général. Tout le monde a refusé, monsieur Louis Michel en tête. « Non, ce n’est pas important, etc.. Etc.… « On va recenser seulement les électeurs. » Et même les électeurs n’ont pas tous étés recensés. Parce qu’on a arrêté le trente juin 2005. et les élections ont eu lieu un an après. Or vous connaissez le taux d’augmentation de la population de chez nous. Il y a un grand nombre d’électeurs qui n’a pas participé. Sans compter tous ceux qui ont boycotté. Conséquence, les résultats que nous avons, les animateurs et les institutions que nous avons à mon sens, si l’on prenait rien que les chiffres, ils ne sont pas représentatifs de l’aspiration du peuple congolais. J’aimerais avoir votre commentaire là-dessus.

 

CB  Je vais répondre à la première question, la question du recensement. Je crois que là vous avez raison, qu’au début du processus il y avait un accord général des congolais et aussi du pouvoir et de la population pour qu’il y ait d’abord un recensement de la population. Et que ce sont les bailleurs de fonds pour des raisons je pense essentiellement économiques qui ont refusé de financer les opérations de recensement qui étaient compliquées et qui auraient encore pris du temps et donc c’est une ambition qu’on finira peut-être par regretter. Quant aux chiffres que vous avancez, je pense qu’oui, ils sont réels et que toute élection est aussi une sorte de convention et que vous pouvez faire exactement le même calcul à propos des élections aux Etats-Unis, du nombre d’inscrits, du nombre des votants du nombre d’électeurs de monsieur Bush pour arriver à la conclusion qu’il y a peut-être moins que seize pour cent ou vingt pour cent des américains qui ont voté pour monsieur Bush. Mais la convention est qu’il est reconnu comme président des Etats-Unis parce que dans ce groupe de gens qui a voté et qui n’est pas la totalité du public américain on considère qu’il a obtenu la victoire. Il y a là une convention et c’est vrai que l’on peut discuter mais qui montre bien que les systèmes démocratiques sont loin d’être parfaits y compris ceux qui sont les plus présentés en exemple. Quant à la question sur les photos, c’est vrai, je reconnais qu’il y a un déséquilibre dans les photos et que dans mon journal, ce ne sont pas les journalistes qui font les papiers qui sont ceux traitent de l’iconographie et que j’entends tout le temps cette plainte sur le Congo que l’on a trop peu de photos et que l’iconographie dont on dispose est trop faible et qu’elle induit à un certain déséquilibre et souvent moi je suis même intervenue en disant « arrêtez de donner tout le temps les photos des mêmes ou des photos des leaders que l’on a déjà vu et essayez pour l’amour du ciel de demander aux agences de presse, aux photographes correspondants de vous envoyer d’autres photos, des photos de la population, des photos de la campagne électorale… » Et chaque fois on me répond qu’on n’en a pas beaucoup. Vraiment je le regrette aussi. Quant aussi à l’appellation donnée aux candidats, c’est vrai, mais moi surtout vers la fin j’ai dit le président sortant et son challenger. Ce qui n’est pas du tout la même chose que « ex-rebelle.» Sur le plan sémantique, un point qui m’a vraiment frappé c’est que l’ensemble de la presse disait « le président sortant », « le vainqueur du premier tour » etc. à propos de Kabila. Mais qu’après les événements du mois d’août, lorsqu’il a bombardé la résidence de son challenger Jean-Pierre Bemba, l’ensemble de la presse a changé de vocabulaire et on a commencé à parler du « le camp Kabila contre le camp Bemba. » Ce qui disait bien ce que ça voulait dire, c’est que c’était deux protagonistes militaires. Donc il y a eu après les événements du mois d’août vraiment un retournement sémantique. Et un dernier point peut-être en réponse à une intervention qui concernait les occidentaux, je vous invite tout de même à relire, à trouver sur Internet le communiqué des ambassadeurs de l’Union européenne après les événements du mois dernier à Kinshasa qui ont été extrêmement durs et qui ont dénoncé l’usage disproportionné de la force et il y a même eu une contradiction entre les déclarations lénifiantes des politiques de l’Union européenne ici à Bruxelles et le communiqué extrêmement virulent des ambassadeurs en poste à Kinshasa.

 

QUESTION  Je m’excuse. Vous avez parlé à propos des conventions… On ne peut pas comparer les élections qu’il y a eu au Congo avec les élections qui ont lieu aux Etats-Unis. Je prends Kinshasa la capitale, huit millions d’habitants. Un peu plus de deux millions d’ ont été enregistrés alors qu’il y a un grand nombre de gens qui n’ont pas voté. On prend les deux Kasaï. Il y a un grand nombre de gens qui n’ont pas voté. En réalité, tous ceux à qui on n’a pas permis d’exprimer leur voix, c’était tant pour le pouvoir sortant. Et ça été manipulé dans ce sens là. Et j’ajouterai : vous avez dit « les élections, ce n’est pas une fin en soi. » Mais les élections qu’est-ce qu’elles nous ont apporté ? Parce que si les élections avaient été bonnes et que tout le monde avait pris acte, nous tous, nous nous serions mis débout pour reconstruire le pays. Mais il se fait que le plus grand nombre de congolais ne veulent pas se mettre débout parce qu’ils ne se sentent pas concernés. Et donc ça ne va pas démarrer, et donc c’était de mauvaises élections, voilà.

 

 

QUESTION Je voudrais t’informer d’une chose, je ne sais pas si tu es au courant. Mon collègue Kabila vient de corrompre les parlementaires anglais avec des enveloppes, je ne sais pas de combien de milliards. Et les parlementaires anglais je les félicite d’ailleurs. Quand ils sont arrivés en Angleterre, ils ont présenté ces enveloppes au Premier Ministre Tony Blair pour dire que «  Voilà au Congo, c’est toujours la corruption. » Deuxième point, madame Colette, tu es écrivain, depuis l’époque de Mobutu, je t’écoutais toujours à la radio, je suis très content de te voir. Kabila vient de vendre notre pays. J’ai vécu à Kipushi près de Lubumbashi, Kabila a vendu Kipushi, ça se trouve aux mains des zambiens. J’étais aussi à Kahemba à coté de Shamukwale, Kabila a vendu Kahemba du coté des angolais. Il y a aussi les Somaliens qui ont pris leur partie. Je ne comprends pas comment tu n’as pas écrit ça, madame Colette. Et pour clôturer, j’aimerais te dire un message que tu puisses écrire pour envoyer ça chez monsieur Kabila : Kabila avait pris le pouvoir par les armes, et il doit quitter aussi par les armes.

 

CB Merci pour l’information à propos des parlementaires britanniques. Comme je n’étais pas en Belgique, ni au Congo, ça m’a échappé, donc je vais essayer de vérifier, c’est une information que je n’avais pas. C’est vrai que Kipushi, Kahemba tout ça est préoccupant et qu’on constate …

 

A suivre

 

Cheik FITA

 

Bruxelles le 5 mai 2007

 

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LIBERTE DE LA PRESSE.  Charles Goerens, eurodéputé et ancien ministre luxembourgeois 

Cheik Fita et, dramaturge et Journaliste congolais 

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RD CONGO 2011 LES ELECTIONS DE LA HONTE


Depuis les élections congolaises de novembre 2011, des voix n'ont cessé de dénoncer le hold-up électoral de "Joseph Kabila" et son clan.

Avec la publication du rapport de la mission d’observation de l’Union Européenne, ils sont dans leurs petits souliers et ceux à qui avait été confiée la mission d’organiser les élections, et ceux qui ont eu l’outrecuidance de se proclamer élus et  « majorité ». 

Aux uns et aux autres, il ne reste plus qu’à préparer les valises. Des élections générales doivent impérativement avoir lieu afin de mettre fin à la tricherie, à l’imposture et à la honte dont une clique s’est permis de couvrir tout un peuple.

Le Congo et les Congolais méritent mieux.

Voici le lien pour lire le rapport final de la mission d'observation de l'UE

http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/RFEUEOMRDC2011comp_0.pdf 

NOTA. Ce lien mis antérieurement, ne semble plus opérationnel

http://www.eueom.eu/files/pressreleases/english/RFEUEOMRDC2011comp.pdf

 

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à lire aussi à ce sujet dans l'express.fr:

La Belgique en quête désespérée du graal perdu au Congo

AnicetMobet

Par AnicetMobet (Express Yourself), publié le 14/05/2012 à 07:00, mis à jour le 15/05/2012 à 11:25

lien : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/la-belgique-en-quete-desesperee-du-graal-perdu-au-congo_1114583.html 

 

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