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Liste des 85 Multinationales Qui soutiennent la guerre en RD Congo

Coltan-en-rd-congo-cheikfitanews.jpg

Le saviez-vous ? Il y a du sang dans mon portable et ma TV, c’est ce que je viens de découvrir en regardant un ancien reportage de Canal Plus datant de 2009 sur le pillage des matières premières de la RDC, notamment le Coltan, par les multinationales occidentales. Le Coltan est un minerai entrant dans la composition de nombreux composants électroniques que l’on retrouve dans les portables, les télévisions, les ordinateurs, les armes : missile. Voici la liste des 85  multinationales (ci_dessous) mises en cause par l’ONU, dans le pillage de la RDC et dans le financement indirect de la guerre civile à l’Est, dans un rapport de 2003. Suite à ce rapport, l’ONU n’a pris aucune sanction et n’a pas fait appliquée l’embargo préconisé. - 

.lire la suite en Cliquant sur ​​le lien suivant:  http://direct.cd/2013/07/19/liste-des-85-multinationales-qui-soutiennent-la-guerre-en-rdc.html

 

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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 14:54

Nous vous livrons la troisième et dernière partie des réponses de Colette Braeckman, lors de sa rencontre avec des membres de la communauté congolaise de Belgique, lors d’une conférence organisée à Bruxelles, le mardi 24 avril 2007.

Colette Braeckman a énormement écrit sur le Congo. Ses écrits ont largement forgé tant l’opinion belge que congolaise sur la situation de notre pays durant des années.

 

Qui a lu tous ces écrits ? Quelle est son opinion aujourd’hui sur la situation au Congo ? Y a-t-il e des changements ? Une évolution ?

 

 

Un proverbe africain ne dit-il pas : « On attrape le bouc par les cornes, et l’homme par sa parole ! »

 

QUESTION

 

 

Je voudrais t’informer d’une chose, je ne sais pas si tu es au courant. Mon collègue Kabila vient de corrompre les parlementaires anglais avec des enveloppes, je ne sais pas de combien de milliards. Et les parlementaires anglais je les félicite d’ailleurs. Quand ils sont arrivés en Angleterre, ils ont présenté ces enveloppes au Premier Ministre Tony Blair pour dire que «  Voilà au Congo, c’est toujours la corruption. » Deuxième point, madame Colette, tu es écrivain, depuis l’époque de Mobutu, je t’écoutais toujours à la radio, je suis très content de te voir. Kabila vient de vendre notre pays. J’ai vécu à Kipushi près de Lubumbashi, Kabila a vendu Kipushi, ça se trouve aux mains des zambiens. J’étais aussi à Kahemba à coté de Shamukwale, Kabila a vendu Kahemba du coté des angolais. Il y a aussi les Somaliens qui ont pris leur partie. Je ne comprends pas comment tu n’as pas écrit ça, madame Colette. Et pour clôturer, j’aimerais te dire un message que tu puisses écrire pour envoyer ça chez monsieur Kabila : Kabila avait pris le pouvoir par les armes, et il doit quitter aussi par les armes.

 

 

CB

 

 

 

Merci pour l’information à propos des parlementaires britanniques. Comme je n’étais pas en Belgique, ni au Congo, ça m’a échappé, donc je vais essayer de vérifier, c’est une information que je n’avais pas. C’est vrai que Kipushi, Kahemba tout ça est préoccupant et qu’on constate …Et je reviens à ce qu’on disait au début : c’est qu’à mon avis, les pays voisins n’ont pas renoncé à leurs entreprises de prédation du Congo, de grignotage. On constate que même après les élections, la situation du Nord et du Sud-Kivu est préoccupante. Que Laurent Nkunda est toujours présent au Nord-Kivu et n’a pas du tout été désarmé ! Là on se demande aussi quel est le rôle de la Monuc, de la communauté internationale. Qu’il y a ces disputes sur la frontière de Kahemba avec l’Angola où le ministre De Gucht est même allé proposer les bons offices de la Belgique pour essayer de retrouver les cartes de l’époque et que là aussi il y a un litige avec l’Angola. Qu’il y a un litige avec la Zambie dans l’histoire des camions qui ont été retenus à la frontière ! Des protestations de la  Zambie. Et là ça m’incite à dire aussi que ce fameux pacte de stabilité pour la région qui a été signé en grande pompe à Nairobi en décembre, il tarde encore à se mettre en œuvre et je me demande quel est le degré de sincérité de tous ces protagonistes. Je dois quand même dire aussi que lorsqu’en occident on parle de la prédation, du pillage de richesses il est assez révélateur de voir des pays comme la Belgique par exemple notre ministre dit qu’il serait tout à fait prématuré et imprudent de revoir les contrats miniers. Alors que ça me paraît un impératif tout à fait urgent.

 

 

QUESTION (d’un belge)

 

 

Il y a beaucoup de congolais ici. Je voudrais quand même dire que jusqu’à présent, je n’ai connu aucun congolais qui sait me dire l’idéologie des partis politiques les plus importants. Comment veut-on faire de la politique quand on ne connaît pas l’histoire politique. On peut quand dire ici en Belgique en quelle année … L’idéologie des partis catholiques, des libéraux, des socialistes, des partis ouvriers Psc ainsi de suite. J’entends beaucoup… par exemple ici j’ai entendu quelque part à Matonge qu’il y a un groupe qui s’appelle « brigade rouge » J’ai demandé aux congolais, est-ce qu’ills savent l’importance des brigades rouges ? Ce sont des civils qui marchent dans les rues pour dire « Kabila est un salaud, c’est ça»…Il y a deux cent septante partis politiques au Congo, ça veut dire que c’est un pays complètement divisé. Et au parlement, soixante-neuf partis politiques, et soixante-trois indépendants. Alors je demande à tous ceux qui ont déjà pris la parole.. des bana Congo, s’ils sont vraiment démocrates,il y a cinq cents sièges à l’assemblée nationale. La majorité est de deux-cents et un sièges. Il y a soixante-neuf partis messieurs, soixante-trois indépendants, ça veut dire cent trente-deux tendances politiques. Si vous êtes démocrates,  venez ici. Bemba a soixante-quatre et quelque chose et peut en avoir le double. On doit arriver à deux-cent cinquante et un. Un vrai démocrate cherche les alliances pour trouver la majorité. Quand vous parlez, vous un dictateur, vous ne tenez pas compte de l’opinion des autres.

 

 

Brouhaha, contestations.

 

 

QUESTION

 

 

Je croyais qu’on devait faire un tour de vos publications. J’ai parcouru tout ce que vous avez publié à ce jour sur la région de l’Afrique centrale. Je suis partagé. Je me demande si j’ai affaire à  quelqu’un qui fait de l’investigation ou à quelqu’un qui fait de la chronique, qui raconte l’histoire du pays au jour le jour.  Ça c’est le premier point. Sur certains de vos écrits beaucoup de journalistes sont revenus et ont mis à mal vos thèses. Je citerai entre autre Charles Onana sur votre livre sur le Rwanda. On voit quand même pas un travail fouillé et vous n’êtes pas revenue pour mettre à jour vos sources. C’est pour cela que j’aimerais qu’on précise quand même aux congolais : est-ce que vos livres c’est la suite des carnets de Braeckman ou c’est vraiment un travail d’investigation que vous faites après un séjour au congo ? Deuxième point. Il semble que vous soyez devenue, que vous le vouliez ou non, l’avocate du régime Kabila. Je suppose que par vos écrits, vous avez essayé de crédibilisé ce régime. Il me tarde de vous dire que depuis le mois de décembre où monsieur Kabila a prêté serment, on ne voit pas où va ce pays. Que vous tiriez encore la sonnette d’alarme comme vous l’aviez fait à différents moments ! Là encore, on se demande si vous êtes pour monsieur Kabila, ou vous voulez aider les Congolais à comprendre ce qui se passe chez eux. C’est ce que j’ai pu comprendre dans votre travail. Voilà les deux questions que je voulais vous poser.

 

 

QUESTION

 

 

A propos de nos élections au Congo. On a entendu certains politiques dire que Kabila incarnait l’espoir pour le peuple congolais. et au début de cette année, le trente et un janvier, on a assisté à un massacre dans ma région natale, le Bas-Congo. Et donc ça été un massacre comme d’aucun le savent. Ça a duré jusqu’au trois février. Ce n’était pas un accident de parcours comme certains le prétendaient. Voilà donc, on en revient à la tragédie,  comme un de vos articles était interpellé. Et  là où vous avez parlé des Né-Congo, vous avez dit que certains analystes militaires ont pu observer que le Bas-Congo avait conservé tout son potentiel insurrectionnel. D’autant plus que le danger était plus important qu’à l’Est, d’autant plus que la poudre se trouve à la frontière, à la porte de Kinshasa. Donc, lorsque vous dites cela dans vos articles, est-ce que vous écoutiez certains milieux pour qu’on puisse surveiller cette région, ou  bien vous vous référez tout simplement à un passé des Né-Congo qui ont mené une lutte d’émancipation depuis Simon Kimbangu et d’autres et bien avant… et c’est vraiment ma question : Pouvez-vous nous éclairer sur cette phrase : « Le Bas-Congo a conservé tout son potentiel insurrectionnel. » Merci.

 

 

QUESTION

 

 

Je serai très bref. Lorsque madame va rendre visite aux prisonniers à Makala, et facilement, lorsque Colette débarque à Kinshasa, elle voit le chef de l’Etat, elle voit facilement les ministres. Alors que lorsque moi je suis aussi journaliste comme elle. J’ai essayé de voir le Roi, le Premier ministre, les ministres… alors ma question est de savoir quel est le statut de Colette Braeckman à Kinshasa, que moi je n’ai pas ici. Ça c’est la première question. La deuxième, c’est par rapport à ses écrits, je ne sais pas si elle a ses livres, c’est par rapport à ses écrits. Elle a parlé des massacres de Lubumbashi, des étudiants… Si vous lisez  ce livre aujourd’hui, madame Colette se contredit beaucoup dans ses écrits. Je veux savoir, pour devoir de mémoire, est-ce que Colette ne peut pas corriger un jour, ce qu’elle a écrit là-dedans ? Et c’est à cause des écrits de Colette Braeckman qu’il a été décrété un embargo contre le Congo. Pourquoi ? Puisque c’est la Belgique qui avait proposé ça à la communauté internationale en se basant sur les écrits de Colette Braeckman. Et c’est cet embargo en fait qui a fragilisé Mobutu militairement, et puis qui a facilité l’entrée du Rwanda du Burundi et de l’Uganda au Congo. Alors, quelle est la responsabilité de Colette Braeckman dans la tragédie congolaise ?

 

 

CB

 

 

Je vais commencer par le bas pour dire à monsieur que je ne mérite certainement pas cet excès d’honneur ni cette indignité. Et que lorsque j’ai parlé comme journaliste des massacres de Lubumbashi, c’était sur base de témoignages. Et ces témoignages étaient entre les mains de la communauté diplomatique. Et l’ambassadeur de Belgique à l ‘époque pourrait en témoigner. Il est allé à Lubumbashi, il a enquêté, il a enregistré des témoignages, il les a communiqués à Bruxelles, lui et d’autres. Et il y a eu un ensemble d’informations convergentes qui ont incité la Belgique de faire pression sur le régime de Mobutu qui pour des raisons autres que les violations de droits de l’homme, la Belgique avait décidé de rompre à l’époque avec le régime Mobutu et n’attendait qu’une occasion. L’occasion a été cette énorme bavure du massacre de Lubumbashi qui était une réalité. Et je peux vous dire que  je ne reviendrai certainement pas sur ce que j’ai écrit à l’époque. D’autant moins qu’il y a quinze jours encore j’ai rencontré quelqu’un qui y était qui m’a donné des informations supplémentaires sur la façon dont ça s’est passé et sur la manière extrêmement habile dont ce massacre a été maquillé à l ‘époque, a été dissimulé pour qu’on ne retrouve pas des traces. Donc je ne reviens certainement pas là dessus. Quant à l’enchaînement des choses, il faut le chercher dans l’enchaînement de la politique et du déclin réel du régime Mobutu. Ça c’était la dernière question. En ce qui concerne la question sur le potentiel insurrectionnel du Bas-Congo, ce que j’ai voulu dire, c’est que le Bas-Congo est une région où les gens sont d’habitude très calme et qui font profession de non-violence. Mais il y a une tradition de contestation de régime et de forte identité provinciale et en sympathie aussi avec des populations Kongo des pays voisins. Et donc ce potentiel existe, il est permanent, et qu’effectivement il y a eu, ça été dénoncé, un usage tout à fait exagéré et disproportionné de la force dans le Bas-Congo comme à Kinshasa plus tard. Et que là une des causes, c’est peut-être une tentation autoritaire du régime. Mais que c’est aussi  un caractère inadéquat de l’outil. Et là je vais tout de même dire une chose, ce n’est pas une réponse à une question. Mais dire qu’aussi longtemps que ce pays n’aura pas une force de police et une armée convenable, payée, disciplinée et formée, tous les risques sont là, tous les débordements sont là. C’est ce que j’ai écrit, il n’y a pas si longtemps. L’idée de « frappe chirurgicale » est impossible au Congo. Frappe chirurgicale avec cette armée là, c’est nécessairement un bain de sang, un massacre. Parce qu’ils ne pas faire autre chose que tirer à l’arme lourde et utiliser des chars. Parce que cette armée, cette police ne sont pas formées au maintien de l’ordre comme on pourrait l’être dans d’autres pays. Et donc tout usage de la force devrait être utilisé en tout dernier, tout dernier recours parce qu’on n’a pas d’instrument adéquat pour autoriser cet usage de la force. Dès qu’on commence à l’utiliser, on va nécessairement vers le risque de débordement., de bain de sang et de massacre. Et que donc les ambassadeurs ont raison de dire que l’usage de la force a été probablement prématuré ou immodéré parce qu’il ne peut pas en être autrement. Parce qu’il n’y a pas l’instrument de dosage nécessaire qui pourrait exister dans d’autres pays. et donc cette question de la formation de l’armée,

 

du brassage de l’armée, du paiement de l’armée et de la police est pour moi un des grands scandales de la transition, vu les sommes énormes qui ont été affectées par la communauté internationale, vu les détournements immenses d’argent qui ont été commis durant la transition… Les soldats n’étaient pas payés. Et donc c’est un régime qui est là mais qui n’a pas d’instrument pour défendre l’Etat, pas d’instrument autre que l’usage excessif de la force. Donc c’est un énorme problème pour l’avenir immédiat du Congo. Et là ce n’est pas un potentiel insurrectionnel, c’est un potentiel de violence et d’autres tueries. Ça, ça paraît évident…. Vous dites que je suis que je suis l’avocate du Président actuel etc. je crois que pour la plupart des journalistes en Belgique, ils ont été les avocats d’un processus démocratique. D’un processus de sortie de crise. Nous avons constaté le drame de ce pays lorsqu’il était coupé en plusieurs régions où les gens n’avaient pas des contacts les uns avec les autres. Le drame humanitaire de ces régions où l’on ne pouvait plus commercer. Où des gens en armes… Au Kivu vous avez dix-huit groupes armés différents qui évoluaient et qui pour seul point commun de vivre sur le dos de la population, de les rançonner, de les violenter. Ces populations où les femmes en particulier étaient victimes d’agression, de viols. Et donc il fallait essayer de sortir de cette situation de violence généralisée, de morcellement, d’en sortir par une transition qui était extrêmement  imparfaite. Et lorsqu’on dénonce tous les défauts de la transition, je dis que c’est vrai. Mais que le pire c’était la guerre, le pire c’était la situation de guerre généralisée. Et qu’après on a voulu sortir de la transition par les élections qui étaient aussi un processus imparfait. On l’a dit très justement : le recensement n’a pas eu lieu, il y a beaucoup de congolais qui n’ont pas pu voter. La diaspora que vous représentez n’a pas pu voter. Ce qui est tout à fait injuste vu quand même le rôle  que joue la diaspora dans le soutien économique aux populations. Donc c’est un processus tout à fait imparfait, mais qui était un pas vers une sortie de crise. On n’est pas encore sorti de la crise mais on a essayé de faire quelques pas. Mais je pense que la route est malheureusement encore très longue.

 

Monsieur qui demandait si je faisais de la chronique ou de l’investigation. Je vous dirai que les journalistes font un peu les deux. On fait dans des articles ou dans un livre la chronique de ce qui s’est passé. Mais un livre de journaliste n’est pas un livre d’historien. Un livre d’historien sur le Congo vous allez en avoir. J’espère qu’ils seront excellents. Mais vous devez encore attendre quelques années pour que la poussière soit retombée et que les choses soient solidifiées. Mais les gens qui vont au charbon, qui vont sur l’événement, qui vont sur les lieux et qui ramènent des morceaux de réalité de ce qu’ils ont vu, de ce dont ils ont été vraiment les témoins, ce sont les journalistes. Mais là ils vous livrent l’histoire immédiate qui est imparfaite, qui est parfois subjective, qui est parfois myope et c’est vrai. Et qui est incomplète. Mais qui est  le réel d’aujourd’hui, de comment on peut percevoir les choses d’aujourd’hui. Et vous retournerez chez les historiens dans cinq ou dix ans et vous constaterez que le matériau qu’ils utilisent, c’est le matériau des journalistes, de ceux qui sont allés sur le terrain, qui ont ramené cette matière première qui est incomplète mais auront la pluralité des sources, la distance, le recul. Mais je crois aussi qu l’opinion belge, étrangère, congolaise a besoin d’information aujourd’hui. Dans dix ans vous en aurez besoin certainement. Mais aujourd’hui vous avez déjà besoin de fragments du réel. Et c’est  cela que les journalistes essaient d’aller chercher avec toutes les limitations, toutes les imperfections du genre. Et je vais vous dire aussi que sur le Rwanda, le dernier mot n’est pas dit, que j’ai lu l’approche de monsieur Onana, de monsieur Pean, et de bien d’autres, mais que le dernier mot de l’histoire rwandaise n’est pas dit. Qu’il est en train de se dire, notamment lors du procès qui a lieu à Bruxelles ces jours-ci. Qu’il est en train de s’écrire aussi dans des révélations qui se font encore maintenant à Kigali, et qu’on a beaucoup tenté de falsifier l’histoire du Rwanda.. et que la vraie histoire n’est toujours pas ni terminée certainement, et qu’elle n’est toujours pas écrite, et que des surprises sont encore possibles ou peut-être, je ne relirai pas avec intérêt des choses qui ont été écrites il y a treize ans. Pour revenir au premier point de monsieur sur l’idéologie, là je crois que vous avez tout à fait raison parce que vous essayez de lire la situation au Congo avec une grille qui est une grille presque occidentale : la droite, la gauche, le marxisme, le socialisme, le libéralisme. Mais ce sont des concepts quand on était au Congo, ils n’ont pas cours. Vous allez d’un parti à l’autre et on vous regarde en vous disant «  Oui on a essayé d’entrer à l’internationale socialiste, ça n’a pas marché parce qu’elle avait déjà un autre, alors on s’est tourné vers les libéraux. Remarquez que peut-être on ira avec le CDH …» Finalement tout ça c’est du pareil au même. Les grilles idéologiques sont extrêmement  fragiles parce que les critères des gens sont autres.  Ils sont ce qui me frappe… Ce sont les allégeances personnelles, ce sont les solidarités régionales, ethniques ou familiales. Les gens disent « C’est quelqu’un de   chez moi, et donc on se met derrière celui qui est de chez moi et on vote pour lui, on le suit. » La droite la gauche finalement, c’est très relatif. Et c’est comme ça. On peut le regretter, mais c’est une particularité congolaise.

 

Avec quand même certaines grandes différences à mon avis. Certains sont centralistes que d’autres, certains sont plus fédéralistes, régionalistes que d’autres. Les différences se situeraient plutôt à ce niveau-là, et au niveau de solidarité régionale. Mais les grilles idéologiques telles qu’on les voit apparaître par exemple maintenant l’élection française où c’est droite contre gauche, au Congo, on n’est pas là.

 

 

QUESTION

 

 

Le Président Kabila a prêté serment en tant que président du Congo, de défendre l’intégrité du territoire. On s’aperçoit qu’aujourd’hui, il y a un conflit frontalier avec l’Angola, qui en cache d’ailleurs d’autres, moi la première chose qui me révolte un peu, c’est que dès qu’on parle des frontières, on appelle les belges d’un coté, et les angolais de l’autre. A quoi ça sert qu’il y ait des congolais, sur huit cents pages d’histoire, il y a des gens qui ont travaillé sur l’histoire du Congo. Pourquoi la compétence congolaise n’est jamais mise à contribution dans ce genre de problèmes qui touchent les gens dans les tripes Ca c’est une première question ! Deuxième question, on parle beaucoup de « haute trahison.» Parce qu’il y a tel et tel… On ne va pas entrer dans ce débat-là. Mais le Président de la république, lorsqu’il ne défend pas contre l’étranger un problème de frontière, d’intégrité du territoire, mais c’est une haute trahison. On ne peut pas négocier. D’autan plus que…On peut reprocher beaucoup de choses à tous ces dirigeants africains qui nous ont quitté…  Hailé  Selassié, Sekou Touré et tous les autres… Mais ils ont eu la sagesse en 1963, sachons leur rendre justice au moins sur ce point-là, c’est de décréter le principe de  l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Autant les africains étaient divisés sur d’autres questions, et notamment sur les questions idéologiques, autant sur cette question-là, il y a eu un consensus quasi parfait qui va du nord au sud. De Senghor à Houphouët-Boigny, d’ Houphouët-Boigny à  Hailé  Selassié, etceteri etc. Est-il acceptable, le chef de l’Etat, il a quand même un rôle symbolique très important. Lorsqu’il ne réagit pas devant de telles questions, est-ce qu’il n’y a pas lieu de s’en défier ? Merci.

 

 

QUESTION (par une européenne)

 

 

Je voudrai poser une question mais dire un petit mot d’abord, en continuant ce qu’a dit madame Braeckman, pour expliquer effectivement, les réalités ou une grille de lecture politique par rapport au Congo c’est très différent. Notamment par rapport aux références. C’est sûr pour un Congolais, Jaurès,  Bloom et autres, ce ne sont pas ses références. Donc il faut voir que la politique menée au Congo voire la démocratie, il faut la faire en fonction de leur culture et leur background culturel. Essayer de trouver un consensus. La question que je vais poser à madame Braeckman, étant française, on a un esprit très critique. Dans vos articles, je ne retrouve jamais en fait parfois une dénonciation, parfois voire même quelque part une dénonciation par exemple de la politique belge par rapport au Congo. Principalement, je pense à Louis Michel. Parce qu’il faut se poser des questions : « Quel est l’intérêt que ce monsieur a vis-à-vis du congo ? » Je ne pense pas moi personnellement que ce soient des intérêts pour le peuple congolais, pour la réussite du Congo. C’est pourquoi je retrouve ces choses assez rarement dans vos articles et je voudrai vous demander pourquoi ? ou si peut-être une autre grille de lecture.

 

 

CB

 

 

Sur les frontières, là vous avez raison. C’est vraiment un dogme, l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. La réponse est dans la formule « C’est parce qu’elles sont héritées de la colonisation » que les protagonistes demandent aujourd’hui, au musée de Tervuren en l’occurrence, d’aller rechercher  des cartes et d’aller consulter les cartes de la colonisation ce qui

 

 

Brouhaha…

 

 

De la garantie des frontières. Je pense que le chef de l’Etat a le devoir de garantir les frontières de son pays. il en a le devoir. Est-ce qu’il ne fait ? Est-ce qu’il n’y a pas aujourd’hui des négociations en cours ? Personnellement, je n’en sais rien. Parce que je n’ai pas suivi les derniers développements ces derniers jours. Deuxièmement, est-ce qu’il en a les moyens ? Est-ce qu’il a une armée qui lui permet de garantir les frontières de son pays aujourd’hui ? je reviens à cette question sur l’armée. L’intangibilité des frontières, elle a été remise en question brièvement pendant la première d’agression, lorsque le Rwanda a invoqué des concepts qui dataient d’avant la période coloniale en se référant  aux frontières du Rwanda, du grand Rwanda d’avant l’arrivée des occidentaux. La question des frontières, vous avez tout à fait raison. C’est une des sujets brûlants de la politique d’aujourd’hui. Quant à la question de Louis Michel, je sais que la salle va hurler. Bien q’elle hurle. Mais je pense que ce monsieur a à cœur la défense certainement de l’Union européenne, des intérêts économiques et politiques d’une présence de l’Union européenne en Afrique dans ses relations avec l’Afrique centrale. Mais je crois aussi qu’à titre personnel, il a à cœur que le processus congolais aboutisse à un mieux-être pour ce pays. et qu’il est assez réducteur comme je le lis souvent de dire qu’il a des intérêts personnels chez Forrest etc. Louis Michel c’est un homme de pouvoir. C’est un homme de pouvoir qui veut garantir certainement le rayonnement de la Belgique. plus largement une implantation européenne en Afrique centrale contre la Chine, contre l’Asie, peut-être contre les Etats-Unis. Un pouvoir européen certainement. Mais de l’argent pour lui personnellement et mettre dans sa poche et tout ça, excusez-moi, ça me paraît  assez réducteur. On m’a souvent dit cela ( Brouhaha.) … Et je demande toujours des preuves, jusqu’à présent. On ne m’en a pas encore donné.

 

 

QUESTION

 

 

Vous n’avez pas répondu à deux questions : quel est le statut que vous avez au Congo en tant que journaliste et qu’il ne peut pas avoir lui en belgique ? Deuxième question , juste pour préciser aussi, je vous ai demandé si depuis six mois vous puissiez dire à l’occident et aux Congolais, votre lecture de ce travail que fait monsieur Kabila.Est-ce que ce Congo peut s’en sortir avec ce monsieur-là ? Puisque vous avez l’habitude d’écrire et on attend depuis décembre le papier qui va vraiment critiquer ce qui est fait.

 

 

QUESTION

 

 

Est-ce que c’est ça l’espoir ?

 

 

QUESTION

 

 

On vous a traité de spécialiste sur l’Afrique. Mais je ne sais pas si vous parlez une langue africaine. Je  sais que ce monsieur qui est  journaliste, il parle français, il parle aussi flamand. Vous qui êtes  spécialiste en Afrique

 

 

 

La réponse à cette question ainsi qu’à certaines petites autres se fera dans un léger brouhaha. Colette Braeckman regrettait de n’avoir pas eu le temps d’apprendre une langue africaine.

 

 

A l’issue de la rencontre, un verre sera offert au public ainsi qu’à l’oratrice du jour. Nous demanderons à l’organisateur pourquoi avoir choisi la date du 24 avril, pour célébrer le dix-septième anniversaire du discours de Mobutu, libéralisant la vie démocratique au Zaïre de l’époque ?

 

 

L’organisateur sursauta. Il n’y avait pas pensé. Elle aurait été posée en ouverture des débats, cette question aurait sûrement mis le feu à la rencontre.

 

 

Nos remerciements à Justin Kandanda de congokulture.net qui nous a fourni le DVD de l’événement dont nous avons tiré une bande sonore pour la retranscription des propos.

 

 

 

Cheik FITA

 

 

Bruxelles le 13 mai 2007

 

 

 

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Cheik Fita et, dramaturge et Journaliste congolais 

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RD CONGO 2011 LES ELECTIONS DE LA HONTE


Depuis les élections congolaises de novembre 2011, des voix n'ont cessé de dénoncer le hold-up électoral de "Joseph Kabila" et son clan.

Avec la publication du rapport de la mission d’observation de l’Union Européenne, ils sont dans leurs petits souliers et ceux à qui avait été confiée la mission d’organiser les élections, et ceux qui ont eu l’outrecuidance de se proclamer élus et  « majorité ». 

Aux uns et aux autres, il ne reste plus qu’à préparer les valises. Des élections générales doivent impérativement avoir lieu afin de mettre fin à la tricherie, à l’imposture et à la honte dont une clique s’est permis de couvrir tout un peuple.

Le Congo et les Congolais méritent mieux.

Voici le lien pour lire le rapport final de la mission d'observation de l'UE

http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/RFEUEOMRDC2011comp_0.pdf 

NOTA. Ce lien mis antérieurement, ne semble plus opérationnel

http://www.eueom.eu/files/pressreleases/english/RFEUEOMRDC2011comp.pdf

 

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à lire aussi à ce sujet dans l'express.fr:

La Belgique en quête désespérée du graal perdu au Congo

AnicetMobet

Par AnicetMobet (Express Yourself), publié le 14/05/2012 à 07:00, mis à jour le 15/05/2012 à 11:25

lien : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/la-belgique-en-quete-desesperee-du-graal-perdu-au-congo_1114583.html 

 

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