Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : cheikfitanews
  • : Info en ligne des Congolais de Belgique
  • Contact

BRÈVES NOUVELLES

 

kabila oyebela

Antenne monde de la société civile de la RD Congo ou:

comment contrôler La CENI et les élections en RD Congo…

Rejoignez la plateforme

               

 Nous Soutenir

Depuis le 25 décembre 2006, date de création de notre site à aujourd’hui, vous êtes des centaines de milliers à avoir lu nos articles ou consulté notre site. Nous vous en remercions. Derrière ces articles, ces reportages photos et vidéos, il y a un travail de titan, de sacrifices énormes et un coût très élevé: temps, ordinateurs, caméras, appareils photos, supports numériques, logiciels, billets de train, de bus, d’avions, chambres d’hôtel…2015 et 2016 seront deux années déterminantes pour la RD Congo durant lesquelles, une information fiable sera un grand allié de la paix, de la justice, de la stabilité… Pour le bien être du plus grand nombre, dans ce sous-continent. Si vous pensez que notre travail peut y contribuer, la meilleure façon de confirmer votre conviction, c’est de faire un don, aussi petit soit-il, pour soutenir cette action.

Par paypal : cheik-fita@myway.com par compte bancaire avec comme mention, «Soutien à Info en ligne des Congolais de Belgique» Compte bancaire n ° 000-3415900-45 IBAN BE44 0003 4159 0045

BIC BPOTBEB1

 CONTACT Téléphone : 0032495336519mail via le lien suivant:  http://ann.over-blog.com/blog-contact.php?ref=522882

VIDEO à voir et à partager 

Cheik FITA :  Philosophe, journaliste, dramaturge et metteur en scène congolais. Coup de projecteur sur l'homme, son parcours, sa philosophie, ses oeuvres, Ses convictions, son approche de l'actualité congolaise et belgo-congolaise, son avis sur le boycotter des musiciens du Congo par les combattants ...

Liste des 85 Multinationales Qui soutiennent la guerre en RD Congo

Coltan-en-rd-congo-cheikfitanews.jpg

Le saviez-vous ? Il y a du sang dans mon portable et ma TV, c’est ce que je viens de découvrir en regardant un ancien reportage de Canal Plus datant de 2009 sur le pillage des matières premières de la RDC, notamment le Coltan, par les multinationales occidentales. Le Coltan est un minerai entrant dans la composition de nombreux composants électroniques que l’on retrouve dans les portables, les télévisions, les ordinateurs, les armes : missile. Voici la liste des 85  multinationales (ci_dessous) mises en cause par l’ONU, dans le pillage de la RDC et dans le financement indirect de la guerre civile à l’Est, dans un rapport de 2003. Suite à ce rapport, l’ONU n’a pris aucune sanction et n’a pas fait appliquée l’embargo préconisé. - 

cheikfitanews.net, contact Téléphonique: 0032495336519

Recherche

FLASH-NOUVELLES EN BREF-BREAKING NEWS

KINSHASA, vue de Brazzaville

CHEIKFITANEWS KIN VUE DE BRAZZA

LOGO CONGRES MONDIAL DES CONGOLAIS VIVANT A L'ETRANGER

BANQUE DES DONNEES DES CONGOLAIS VIVANT A L'ETRANGER

Une nécessité

Texte Libre

MOSAIQUE-SITE-3-copie-1.png

3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 10:10

Le cercle des étudiants congolais de l’ULB, Université Libre de Bruxelles, organise une semaine culturelle congolaise du 8 au 10 mai 2007.

 

Au programme, des conférences, du théâtre, du cinéma, de l’art culinaire, de la musique et de la danse. L’ensemble de ces activités aura lieu sur le site universitaire.

 

Ci dessous le programme de ces manifestations :

 

mardi 8 mai 2007

 

18h00 au H1302 – Séance d’information

 

Présentation de l’ASBL ‘‘Main dans la main’’. Cette association nous informera du changement de statut qui concerne bon nombre de Congolais et Africains résidant ou non en Belgique. En effet, d’aucuns se posent la question sur la lourde procédure pour la stabilisation des « papiers » entant qu’étranger ; l’association Main dans la main sera présente pour répondre à ces diverses interrogations.

 

18h45 au H1302 – Conférence

 

Une tribune sera donnée aux hommes politiques belges d’origine congolaise pour laquelle vous êtes vivement convié. Nos invités nous feront part de leurs expériences, de leur engagement politique en Belgique.

 

*Invités : Bertin Mampaka (CDH), Dori Dumbi(MR) et Didier Muzalia (PS)

 

Entrée Libre

Mercredi 9 mai 2007

 

Journée gastronomique

 

12h à 14h au Restaurant  Sodexho sur le campus du Solbosch (ULB)                                      Manger à  la congolaise.

 

Des plats congolais seront vendus dans le restaurant Sodexho au Campus du Solbosch à l’ULB : PONDU, FUMBWA, MAKEMBA etc… avec en prime quelques animations congolaises dès 12h.

 

*Rencontre avec le club d’investissement de la communauté congolaise Club du Congo.

 

14h au foyer culturel du Solbosch (ULB)

 

Concert de Rap, R’n’B (…) ouvert à tous avec plusieurs groupes bruxellois.

 

18h au H1302 – Débat sur ton Histoire

 

Thème : Le Congo et ses voisins

 

La République Démocratique du Congo est entourée de 9 pays limitrophes avec lesquels les relations sont pour le moins« mouvementées ». Aujourd’hui des voix  s’élèvent pour remettre en question les frontières de notre pays le Congo. Une séance sur l’histoire pourrait nous aider à y voir plus clair.

 

Orateur : Professeur Antoine Tshitungu  (Docteur ès Lettres)

 

19h30 au H1302 – Pièce de Théâtre

 

 Spectacle : Le Syndrome de CANH

 

« C’est en vivant avec l’africain que Béthencourt découvre le mal qui sévit dans certains pays du Sud et qui les poussent à l’émigration : Le syndrome de CANH » … L’idée d’écrire cette pièce ?

 

« Des clandestins africains. Rescapés en piteux état ou…morts ! »

 

* L’Auteur :

 

FITA FITA  DIBWE dit Cheik FITA, Philosophe, dramaturge et metteur en scène congolais, né en 1954. Auteur d’une trentaine de pièces de théâtre, dont la plupart ont été  montées  par le Théâtre ORCAN de Kinshasa.

 

Entrée : 6 euros

 

 

jeudi 10 mai 2007

 

18h00 au H1302 – Cinéma africain

 

Première partie :

 

*Lumumba  1h30

 

 Deuxième partie :

 

*Moolade    2h

 

Les étudiants et spectateurs s'exprimeront après la projection de chacune des 2 parties qui seront suivies d’un débat sur les aspects sociaux culturels en Afrique. 

 

Entrée Libre

 

Infos: 00 32 484 81 15 07   -    00 32 484 12 36 10

 

 

Bruxelles, le 3 mai 2007

 

Cheik FITA

Partager cet article
Repost0
2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 09:16

En ce dernier mardi du mois d’avril 2007 une dame a défrayé la chronique dans la communauté congolaise de Belgique. Elle  s’appelle Colette. Elle est journaliste, elle est belge. Elle  doit parler aux congolais vivant à l’étranger. Où ? Dans une salle située en plein quartier « Matonge», le lieu de Belgique le plus fréquenté des Congolais, attirés par les différentes activités liées à leur vécu et à leur culture : aliments, CD et DVD de musique et de théâtre du pays, salon de coiffures, magasins d’habillement.

 

A Matonge-Ixelles, les Congolais ne sont propriétaires ni d’immeubles, ni des commerces les plus juteuses. Seul leur portefeuille y trinque.

 

Ne parade pas à Matonge qui veut. Surtout quand on a une certaine notoriété et qu’on est un « pro-kabiliste » avéré ou supposé. L’homme d’Etat belge Louis Michel, alors ministre des affaires étrangères avait ouvert le bal en recevant des quolibets un certain samedi 5 juin 2004 lors d’un deuil organisé par les associations POTO MO INDO et ACC5. Un deuil en mémoire des victimes à Bukavu de la barbarie des rebelles congolais pro-rwandais. Depuis lors, bien de personnalités surtout congolaises, y ont été prises à parti, voire bousculées. Mais prudents, la plupart préfèrent s’abstenir d’y passer.

 

Une heure avant, quand j’arrive à «  l’espace Matonge », lieu de la rencontre, l’écrivain belgo-congolais Antoine Tshitungu me confie, un peu inquiet : « Ils menacent de venir tout brûler ici ! » Ce sera lui l’animateur du jour.

 

Colette Braeckman pourrait-elle être la bienvenue ?

 

Depuis deux décennies, la journaliste belge est omniprésente sur la scène politique congolaise par ses écrits. Autant du temps de Mobutu elle s’était attiré la sympathie de l’opposition et de l’UDPS, autant elle est vouée aux gémonies par  l’opposition actuelle dont l’UDPS et bien entendu par les différentes associations et groupes des congolais de Belgique qui considèrent le pouvoir de Kinshasa comme étant pire que celui de Mobutu : Aventurisme, incompétence, népotisme, animateurs à identité douteuse,  dérive dictatoriale, liberté de presse confisquée, corruption, assassinats, pillage des richesses nationales, atteinte à l’intégrité territoriale, mainmise étrangère…

 

 

18h40, accompagnée d’une personne et à pied, Colette Braekman descend la chaussée de Wavre et entre dans la salle. Il n’y a encore presque personne. Elle s’entretient avec les organisateurs sur les dispositions pratiques.

 

Cinq minutes après, un véhicule de la police s’arrête dehors. Les deux policiers qui y étaient descendent à la recherche des responsables de la salle, laissent leurs numéros de contact au cas où… Des agents de la police en civil arriveront eux aussi.

 

Il est 19h21 quand la manifestation commence.

 

Une certaine tension est perceptible dans la salle. Deux activistes de Bana Congo arrivent. Et tout  près de moi, l’un lance à son ami : « yeyo, moto akomaka makambo ya lokuta  » traduisez : « Voilà la personne qui écrit des contrevérités et sur nous et sur notre pays. »

 

S’il veut mener à bien la rencontre, Antoine devra recourir à tout son sens d’équilibriste, gérer ses nerfs et surtout avoir la chance de son côté. Un propos mal placé pouvant à tout moment mettre le feu aux poudres.

 

Antoine Tshitungu présente l’oratrice : Auteur d’au moins cinq ouvrages sur l’Afrique centrale, une référence en la matière. Puis il plante le décor en donnant les règles de jeu. C’est une rencontre axée essentiellement sur le livre. Il en a été ainsi lors de rencontres antérieures. Il est demandé aux intervenants de ne pas s’attarder sur des commentaires trop longs, compte tenu du temps d’occupation de la salle et de l’emploi de temps de l’invitée. La rencontre est un débat d’idées. Il est demandé aux participants de s’en tenir à cela, dans le respect mutuel. «  La courtoisie sera de rigueur ! » Pas de corrida verbale.

 

Il y aura deux volets :

 

  1. Un jeu de questions réponses pour cerner la personnalité complexe de l’invitée.

     

  2. Une deuxième partie libre durant laquelle les participants poseront des questions sur les écrits de Colette Braeckman.

En guise d’introduction, l’animateur démarre.

Que sait-on de vous ? Pas grand chose. Est-ce que vous avez écrit des livres seulement sur le Congo ? Non. Je me suis rendu compte que vous avez écrit des livres sur d’autres régions dans le monde. Notamment un livre important sur la révolution des œillets c’était en 75. c’est un livre qui ne parle pas sur l’Afrique en tant que tel, mais c’était à l’époque de la démocratisation du Portugal concomitante aux indépendances accordées aux anciennes provinces de l’empire portugais.  N’oublions pas que les Portugais se sont toujours targués d’avoir forgé un empire en Afrique. Et nous avons un pays proche. Il y a des questions de frontières que nous allons aborder tout à l’heure. ..

Puis la première question tombe.

 

Question

 

Etre journaliste et écrivain comme vous, ce n’est pas facile. Il y a un épisode de votre vie de journaliste qui m’est revenue à l’esprit. Je ne sais pas si vous en avez souvenance, un des dictateurs de l’époque vous avait gratifié d’un vocable, c’est étonnant. Celui de pasionnaria. Je ne sais pas si vous avez souvenance de cet épisode et si vous pouvez rappeler dans quelles circonstances vous avez été gratifié de ce vocable qui témoigne que parfois les dictateurs africains il y en a qui ont le sens de la répartie.  

 

CB

 

C’était à l’époque du président Mobutu, pour ne pas le nommer c’était la fin des années quatre-vingt, à cette époque-là, les relations étaient encore assez bonnes entre la Belgique et le Zaïre. Et en tout cas le président Mobutu n’avait pas l’habitude d’être critiqué, d’être mis en cause. Et lorsque je l’ai égratigné dans quelques articles, il a pris très mal les choses, il a commencé toute une polémique par le biais de l’agence « azap » dont je me souviens encore des dépêches vraiment kilométriques, extrêmement longues, c’est  l’époque où on avait encore des télex au journal et ces dépêches arrivaient par télex et au journal on rigolait  parce qu’il y avait des mètres et des mètres de papiers qui défilaient et qui étaient des critiques ou vraiment des diatribes dans lesquelles on me traitait de passionaria et puis ça inspirait même des dessins de presse de notre collaborateur du soir à l’époque Royer qui faisait des dessins et après il y a eu en 89  la querelle entre la Belgique et le Zaïre de l’époque. Et c’est un peu une saga et malheureusement la journaliste n’est qu’un simple témoin.

 

Question

 

Vous n’avez pas abordé l’Afrique par le Congo, vous avez visité toute une série de pays africains c’était dans les années 70. et vous avez été en Érythrée, vous avez été en Éthiopie, vous avez été en Angola, je crois  ou à cabinda. Et tout ça c’était avant de découvrir le congo. Est-ce que vous pouvez évoquer cette partie de votre  carrière ?

CB :

 

J’avais toujours en tête l’idée d’un jour  découvrir le Congo … les années soixante, là j’étais encore à l’école, j’avais toujours eu envie de découvrir le Congo, le Congo de l’indépendance,  le Congo de Lumumba. Bien sûr je n’ai pas pu le faire. Je n’avais pas de famille en Afrique. Je ne suis pas d’une famille de coloniaux. Donc j’ai dû attendre et j’ai toujours eu envie d’être journaliste pour aller en Afrique pour aller au Congo  mais qu’à l’époque, dans les années septante, ce n’était pas évident parce que c’était le régime Mobutu, il y avait d’autres journalistes grands reporters qui s’occupaient de ce pays et moi je suis entrée dans cette réalité africaine par d’autres biais. Je couvrais le changement au Portugal qu’on appelait la révolution  des œillets, la chute de la dictature, et ce qui m’a permis pour la première fois d’aller en reportage en Afrique et de découvrir ce qui était à l’époque les colonies portugaises, l’Angola et le Mozambique où se déroulaient des guerres de lutte de libération contre la tutelle coloniale. Alors justement vous me rappelez ça. Une chose qui m’avait frappé, c’est que j’ai pas mal voyagé dans ces pays et un jour j’étais en Angola et je suis allé au Cabinda et là j’ai visité ce territoire qui était vraiment un des lieux de la guerre et je suis allé à la frontière et à la frontière il y avait le poste frontière de douane avec le Zaïre. Et là j’ai discuté avec les gens d’en face, avec les zaïrois qui ont tout de suite dit ah ! Mais vous êtes belge, mais alors là on est cousin. Il faut venir chez nous, il faut traverser la frontière. Je me suis dit, là il ne faudra pas que je traîne, j’avais vraiment envie plus que jamais de traverser et d’y aller. Mais j’ai dû attendre, je suis allée en Éthiopie, en Érythrée aussi en Rhodésie  qui est devenu le Zimbabwe. J’ai couvert l’indépendance de la guerre de libération au Zimbabwe puis alors j’ai été en Afrique du sud où j’étais au moment des émeutes de Soweto. Donc j’ai dû un peu comme tous les journalistes patienter avant que mon heure n’arrive de découvrir enfin le pays dont je rêvais. J’ai pu le découvrir comme vous l’avez dit des hauts et des bas, et dans mes relations, parfois je pouvais y aller, parfois je ne pouvais pas.

 

Question

 

Vous êtes germaniste de formation si je me suis bien documenté et je sais aussi que de temps en temps en dehors de votre écriture journalistique vous commettez  comme on dit de petits récits, sur Lumumba, par exemple dans « impression d’Afrique ». Ce numéro de marginal de l’été 2000 vous avez écrit  une nouvelle sur lumumba.

 

 Est-ce que la littérature, la fiction est-ce que ce n’est pas un peu votre tentation de Venise ?

 

CB 

 

Là vous touchez un point sensible. C’est surtout un désir et un regret. En fait j’aimerais bien toucher à la fiction. Mais comme journaliste c’est difficile parce comme journaliste on est tout le temps sollicité par le réel et alors là je dois dire que l’actualité africaine, le réel africain et en particulier ce que j’ai vu et à quoi j’ai assisté au cours des quinze dernières années dans la région des grands lacs, ça dépasse la fiction. Il  s’est passé des choses tellement extraordinaires que je me demande quels sont les romanciers qui pourraient inventer des choses pareilles. Qu’il s’agisse de la fin de Mobutu,  des événements du Congo, des événements tragiques du Rwanda. Et donc mon plaisir est  grand de raconter le réel. Il est aussi grand qu’il le serait à imaginer de la fiction.

 

Question

 

En lisant vos ouvrages et vos articles les plus récents, on se rend compte que vous êtes revenue de votre enthousiasme à l’égard des fameux dirigeants, enfin, ceux qui se disaient tels, de la nouvelle Afrique, qui étaient sensés être les architectes, les maîtres d’œuvre d’une Afrique nouvelle. Est-il besoin de les citer ? Museveni qui passait pour être le grand maître de fait de cette œuvre politique là qui finalement a tourné court et s’est traduite par une occupation du Congo, n’ayons pas peur des mots, qui a comme retombée  des guerres gigognes dont nous ne sommes pas encore sortis jusqu’aujourd’hui. Somme toute, est-ce que vous concédez avoir commis un impair en avalisant au début du moins dans les premiers livres là, la profession de foi de ceux qui se voulaient les maîtres, les initiateurs ou les continuateurs, c’est selon,  de la renaissance africaine. Ceux qui se sont voulu l’action sous la bannière d’un certain panafricanisme que moi j’appelle un panafricanisme croupion, parce qu’il n’a pas donné le fruit escompté. Est-ce que vous avez un regret par rapport à l’enthousiasme qui était le vôtre au moment où il y a eu la chute et le départ de Mobutu, le début de Kabila avec ce qu’ils ont pu laisser entrevoir comme espoir. Est-ce qu’aujourd’hui, nous concédez-vous l’idée selon laquelle c’était quand même un impair de faire trop confiance à des personnes dont vous ne connaissiez peut-être pas très bien les véritables objectifs, puisque dans les livres les plus récents vous êtes très dure à leur égard.

 

CB : Sur la déception à l’égard du panafricanisme, là vous avez raison. Mais moi j’étais restée sur l’idée des luttes de libération où il y avait effectivement à l’époque dans les années septante des collaboration entre les mouvements de libération africaine où il y avait des collaborations entres les mouvements de libération du Mozambique, de l’Angola qui s’entraidaient contre les puissances coloniales avec ce grand espoir d’une Afrique unie ou qui allait se relever, où les pays allaient s’entraider et des gens comme Museveni se référaient à cela. Il se referait à son amitié pour le président Nyerere en Tanzanie qui était quand même un des hérauts de ce panafricanisme et on pouvait déceler une filiation et imaginer qu’effectivement que les pays africains de la région allaient aider le peuple congolais à se débarrasser d’une dictature qui était devenue une des plus anciennes et les plus rétrogrades du continent. Donc on pouvait imaginer cela. C’était leurs discours. Il y avait en tout cas cette collaboration là dans la première guerre. Malheureusement comme un soufflet les illusions sont très vite retombées et je me suis rendue compte que hélas comme beaucoup, qu’en fait de panafricanisme, c’était surtout l’idée qui prévalait était que les pays voisins voulaient assurer leur développement en puisant  dans les ressources du Congo qui était comme une sorte de  gisement de matières premières, comme un supermarché sans gardien dans lequel chacun allait venir puiser de quoi assurer son propre développement. Alors là on n’est pas du tout dans la solidarité et dans le panafricanisme, on est dans l’exploitation d’un pays d’Afrique par d’autres pays africains et c’est le visage hideux de la mondialisation à l’échelle africaine. Et donc là effectivement cela a généré une certaine déception.

Question 

 

en regardant les choses à posteriori, quelle est la part de ces impérialismes locaux africains et la part de sincérité et d’idéal dans ce qu’ils auraient bien voulu réaliser ? Puisque j’ai l’impression moi que le panafricanisme servait tout simplement d’épouvantail et que l’idée était de mettre la main sur ce coffre-fort  à minerai qu’est le Congo et de faire de ce pays une sorte de grand-duché sous la botte d’un Kagamé ou d’un … Projet qui a tourné court. On reviendra un peu sur la façon dont les Congolais ont résisté face à cette entreprise impérialiste. Même s’il s’agit des africains. C’était quand même de l’impérialisme. Alors  je vous laisse réagir à ça. Est-ce qu’ils étaient seuls, ces africains ? Qui les soutenait ? 

 

CB

 

Il faut dire aussi que ce qui a joué ce sont des impératifs de sécurité. C’est que ces pays étaient préoccupés. En tout cas le Rwanda était préoccupé par des menaces pour sa sécurité, pour un régime qui avait pris le pouvoir après le génocide des Tutsi, et qui était préoccupé par sa sécurité et par des groupes armés qui se trouvaient en territoire congolais. Donc cela a joué. Mais le président Museveni lui voulait surtout un développement… Son panafricanisme était un paravent. Et je me rappelle très bien que dans plusieurs interviews, il disait que son objectif était de faire une route qui allait relier Kisangani à Kampala et dont l’objectif clair était de sortir les ressources du Congo via l’Ouganda. Et donc c’était une forme africaine déjà de la mondialisation. Mais je pense aussi que ces leaders n’étaient pas seuls et qu’ils étaient encouragés dans leur volonté d’ouvrir le Congo à leur emprise, ils étaient encouragés par des sociétés occidentales qui elles aussi brûlaient d’impatience d’accéder au sous-sol congolais et à ses ressources et qui estimaient que la dictature, le régime du président Mobutu, même s’il était en phase de transformation et de relatif dialogue après la conférence nationale, créait dans le pays une situation de désordre qui n’était pas propice à une exploitation des ressources et qu’il fallait promouvoir un ordre politique différent et que donc les pays africains voisins voulaient assurer leur développement en puisant dans les ressources  du Congo et qu’ils étaient aussi encouragés par des intérêts économiques et politiques occidentaux.

 

Question

 

Alors, sur cette problématique-là qui est assez  sensible puisque vous vous rendez quand même compte qu’on vous écoute religieusement quand vous traitez de ces problèmes-là. S’il y a des questions.

Question venant du public

 

(notre traduction  à partir du lingala)

 

Il est malaisé pour moi de poser la question à madame, parce que les problèmes du Congo ne la concernent pas. C’est pour cela que je voudrai revenir à ce que vous avez affirmé au début en la présentant, en me référant aussi à ce qu’elle vient de dire. Au début, vous avez affirmé qu’elle est une autorité en la matière. Elle réside en Belgique, elle va au Congo de temps en temps, peut-être toutes les deux ou trois semaines. Elle ne connaît pas ces problèmes-là. Voici ma question. A propos de toutes ces guerres, nous lui poserons des questions sur ce qu’elle a écrit, qu’elle écrit. Parce qu’elle est journaliste. Nous lui poserons des questions à propos de ses affirmations et non de la façon dont les choses se seraient déroulées. Parce que ces problèmes-là, ne la concernent pas. Je reviens maintenant à cette question. J’avais lu son livre « les nouveaux prédateurs » nous avons vu comment elle a parlé du parcours de Kabila jusque Kinshasa. En lisant, vous aurez l’impression qu’elle déresponsabilise les Européens. L’affaire est présentée comme s’il s’agissait d’une histoire entre Kagame et Museveni d’un coté, et Laurent Kabila de l’autre. Cet ouvrage a eu une grande audience. Beaucoup de gens ont demandé à ce qu’on en fasse une traduction en lingala. Je l’ai lu dans le souci d’en faire une traduction en lingala.

 

Reprise de la question en français par l’intervenant)

 

«  Je reviens à la question. Je ne peux pas poser à madame la question de savoir comment cela s’est passé là bas. Parce que madame habite en Belgique et se rend en Afrique ou au Congo une semaine, deux jours, trois jours, pour faire ses reportages de journaliste. Moi je ne peux pas lui poser de question sur le fond du problème. Ma question par rapport à ce qu’elle a écrit.

 

 

CB

... 

(à suivre)

 

 

 

Cheik FITA

 

 

Bruxelles, le 2 mai 2007

 

Partager cet article
Repost0
30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 17:42

 

 

En ce dernier dimanche du mois d’avril 2007, Bruxelles la capitale de Belgique a été prise d’assaut par des dizaines de milliers de guides et de scouts venus des quatre coins du royaume.

 

 Gares, trains et métro bondés, tel a été le spectacle que ces joyeux jeunes ont donné durant toute la journée. En uniforme, chantant, marchant en groupes bien organisés et disciplinés.

 

Des concerts et des animations ont eu lieu à plusieurs endroits.  Le point culminant sera le spectacle sur la paix donné au stade Baudouin 1er et interprété par près de trois cents guides et scouts.

 

Au-delà de la très bonne organisation, œuvre de la direction du mouvement scout de Belgique, il y a eu une grande mobilisation de la police, une couverture médiatique optimale, ainsi que des centaines de stewards et des bénévoles. Tout se déroulera sans incident. Après l’évènement, chaque guide ou scout rentrera en toute sécurité chez lui, les yeux pleins d’étoiles et d’étincelles pour des années.

Pour couronner le tout, les plus hautes autorités du pays témoigneront de leur attachement à l’encadrement de la jeunesse par leur présence à la manifestation : le Premier Ministre Guy Verhofstadt qui arrivera sur les lieux à 15h55, et le Prince Philippe qui prononcera le mot de circonstance, marqué par certains mots clés, et caractéristiques du scout : générosité, gratuité, fraternité, belles valeurs de la société, accueil, attention aux plus faibles. Le temps d’un week-end, toute la nation belge aura été ainsi mobilisée autour de sa jeunesse.

 

 

En tant qu’originaire d’un pays subsaharien, nous ne pouvions manquer d’essayer de voir combien de noirs étaient parmi les participants. Résultat ? : Autant chercher une aiguille dans une botte de foin! Les raisons ? Nombreuses. Mais l’une d’elles, mérite d’être épinglée : Comme tous les dimanches, la plupart des parents, congolais surtout, entraînent avec eux leur progéniture dans les multiples petites églises dites « du réveil. ». Églises aux contours flous, aux contenus souvent discutables et surtout ayant une gestion de temps des cultes, très aléatoire. Dans tous les cas, ignorant les besoins et la psychologie de l’enfant.

 

Comment s’étonner que plus tard,  ces enfants devenus adultes puissent se retrouver en marge de leur nouvelle patrie, en matière d’emploi par exemple? Encore que dans le pays d’origine de leurs parents, enfant est tout, sauf une priorité ! Ne rime-t-il pas avec enfants-soldats appelés « kadogo » et « enfants de la rue appelés « shégués » ?

 

Heureusement que parmi les groupes musicaux ayant animés l’événement, il y a eu l’association « artisans de Paix »  composée en majeure partie des originaires du Congo et qui se sont produits à deux endroits :

 

-         Au parc Josaphat avec les jeunes rappeurs de José « Hors la loi » et ceux de« Basta, rotation»

 

-         A la place de la monnaie avec l’artiste musicien Marcel Nzundu et son groupe. Ils y tiendront en haleine le public durant 90 minutes avec des chansons et des messages à thème et en français pour la plupart : Bel avenir, Aimons la paix, combien de temps, aimer toujours, Bolingo, Malaïka, Peuple, Avant la guerre, Nzala, Unissons-nous…

 

Le thème très actuel du réchauffement climatique aura aussi été abordé dans un extrait de conte africain, « le ver et le fruit. » Et pour cause : il y a vingt-deux ans à la même date et au même lieu il y avait de la neige, alors que ce dimanche, deux mois avant l’été, il faisait 23 à 30° ! Et dans vingt-cinq ans, quand les jeunes scouts d’aujourd’hui seront adultes, quelle sera la situation climatique si les décideurs d'aujourd'hui restent apathiques?

Il est 18h35 quand le mot d’au revoir est prononcé. Pour la sortie groupe par groupe, des instructions en français et en néerlandais sont communiqués aux jeunes participants à travers une méga sono composée d’une cinquantaine de gros baffles.

 

Cheik FITA

 

 

Bruxelles, le 30 avril 2007

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 12:10

 

Ce  samedi 21 avril 2007, à l’issue d’une séance de travail présidée par Wilkens E. ALHONGO, les patriotes congolais, une plate-forme de la communauté congolaise de Belgique ont adopté un calendrier d’actions pour la période électorale belge.

 

 

Dans un tour de table, la séance a d’abord fait le point sur les relations entre la Wallonie et le Congo. Depuis 2001, les politiciens wallons sont au monde ceux qui se sont le plus impliqués dans la marche politique du Congo. Mais cette implication est caractérisée par des faits  en désavantage du peuple congolais :

 

-         L’annonce en primeur de l’assassinat du Président Laurent Kabila.

 

-         La rédaction et l’imposition d’une constitution rédigée à Liège via un groupe dirigé par le belgo-congolais Bob Kabamba.

 

-         Le soutien d’un processus électoral inachevé à ce jour et durant lequel des  opérations utiles avaient été délibérément écartées : le recensement général de la population, la délivrance d’une véritable carte d’identité…

 

-         L’exclusion des congolais vivant à l’étranger du corps électoral.

 

-         L’attribution du recensement des électeurs à une société wallonne qui traitait les données à partir d’un ordinateur central situé en Belgique et détenant ainsi hors de nos frontières,  des données bio métriques des électeurs congolais.

 

-         Le soutien à un candidat choisi d’avance.

 

-         Le mutisme complaisant face aux graves tueries et autres violations des droits de l’homme du nouveau pouvoir : Bas-Congo, Kahemba, Kinshasa.

 

Maintenant que les électeurs belges vont se choisir un nouveau parlement et ainsi un nouveau gouvernement, les patriotes congolais de Belgique ont décidé de mobiliser l’électorat belge d’origine congolaise afin de sanctionner les partis wallons.

Ainsi, au courant de cette semaine, une série de rencontres avec les partis flamands est prévue. Et en tout premier lieu, avec monsieur Yves Leterme, Ministre-président du gouvernement flamand et possible futur Premier Ministre, en remplacement du libéral flamand Guy Verhofstadt.

 

Il est également prévu de donner aux dirigeants des partis flamands l’occasion de s’adresser à la communauté congolaise de Belgique. Ce sera au quartier Matonge de Bruxelles. Suivra alors un mot d’ordre pour les électeurs d’origine congolaise.

 

Les Wallons s’étaient invités dans le processus électoral du Congo ? Les patriotes congolais de Belgique ont décidé de leur rendre la pareille.

 

Dans les divers, deux points ont été épinglés : le passage à Bruxelles d’un membre du pouvoir de Kinshasa, et les menaces dont sont objets les membres de la plate-forme.

 

Ne reconnaissant pas le pouvoir de Kinshasa, les patriotes congolais de Belgique vont transmettre ce lundi 23 avril 2007, une lettre de protestation au CDH, centre démocrate et humaniste, parti francophone belge. Ce parti se préparerait à accueillir avec pompe la vice-ministre « des congolais de l’étranger ! »

 

Enfin, dans le cadre de la loi belge des compétences universelles, une plainte sera déposée contre les services secrets du Congo. Un certain nombre de patriotes congolais ayant reçu par téléphone des menaces de mort de la part de la police politique de Kinshasa.

 

 

Cheik FITA

 

 

Bruxelles, le 22 avril  2007

Partager cet article
Repost0
18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 11:48

 

LIEN POUR VISIONNER LA VIDEO DE LA MANIF DES CONGOLAIS AU PARLEMENT BELGE

LE 17.04.2007

 
 

 

Partager cet article
Repost0
17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 11:49

 

Séance surréaliste ce jeudi 17 avril 2007 en fin de matinée, dans une salle de commission au parlement fédéral belge. Des congolais ont bruyamment interrompu le ministre belge de la coopération au développement lors d’une réponse à une question dans la commission des relations extérieures.

 

 

Il est 8h00 quand un SMS circule annonçant le passage de monsieur De Decker à la dite commission pour 10h15. Parmi les questions du jour, l’une a trait à la république démocratique du Congo. Elle est de  la députée Hilde Vautmans  et concerne "un projet relatif à la violence sexuelle en République démocratique du Congo"

 

 

A l’heure dite, nous nous présentons au service du protocole du parlement. Nos pièces d’identité sont consultées et un macaron autocollant est remis à chacun de nous. Un agent du parlement nous conduit dans la salle de commission située au deuxième niveau, après avoir parcouru un dédale de couloirs.

 

 

La première question de la séance est de monsieur M. Patrick Moriau et concerne "le concept de 'bonne gouvernance'". Elle dure plus d’un quart d’heure au lieu de cinq minutes généralement prévues.

 

 

Vient ensuite la question de Madame Hilde Vautmans. C’est quand monsieur De Decker a presque fini de répondre que subitement, du balcon de la presse et du public où nous étions, quelques congolais se lèvent et se mettent à crier à tue-tête contre monsieur De Decker, tout en brandissant des drapelets de la Flandre.

 

 

Ils dénoncent le discours du ministre belge qu’ils qualifient de mensonger tout en scandant : « Wallons hors du Congo », « Wallen Buiten Van Congo. »

 

 

La quinzaine des parlementaires présents à la commission sont surpris et obligés de suivre malgré eux cette prise de parole. Monsieur De Decker est aussi bien contraint de se taire, regardant les activistes, un petit sourire ennuyé aux lèvres.

 

 

Entre deux brouhahas, le ministre lancera à l’intention des perturbateurs « Apprenez la démocratie ! » Peine perdue.

 

 

Trois membres de la sécurité du parlement arrivent, dont une femme. Mais ils ne parviennent pas à calmer les congolais. C’est presque de force que nos compatriotes sont amenés hors de la salle.

 

Le premier moment de stupeur passé, le ministre De Decker reprend la parole. En une sorte de droit de réponse il dit être choqué par les réactions au balcon, au moment où l’on parle du viol fait aux femmes congolaises. Il sait qu’il y a en Belgique des congolais qui n’ont pas été contents des résultats électoraux au Congo. Pour lui, ces élections ont été transparentes et la communauté internationale a envoyé des observateurs qui ont certifié de la régularité et du scrutin, et des élections. 

 

Néanmoins il a des regrets quant aux élections pour le sénat et les assemblées provinciales.

 

 

Il continue alors à répondre à la question du jour. Au passage, il signale que la RTBF avait fait un reportage au Kivu sur les viols des femmes, et il avait remis une cassette à monsieur Kabila afin qu’au sommet de l’Etat, tout le monde soit sensibilisé. Il aurait aimé que ceux qui ont été évacués soient là pour l’entendre.

 

 

Après la réponse du Ministre, Mme Hilde Vautmans revient également à l’incident en regrettant que pareille chose ce soit passée au parlement, et que les travaux aient été ainsi perturbés. Elle dit avoir également été parmi les observateurs aux élections au Congo. Pour elle aussi, les résultats sont ce qu’ils sont.

 

 

Quand nous sortons de la salle un confrère et moi, nous voyons trois des perturbateurs retenus par la police, attendant l’avis du Président de la Chambre. Nous apprendrons par la suite qu’ils avaient été conduits au bureau de police du marché aux charbons pour être entendus. Ils étaient au total à cinq : Bienvenu Mondondo, Maryus Noko, Nino, Denis Olenga et Semi Mendès. A 13h00, ils seront relaxés.  

 

 

 

Cheik FITA

 

Bruxelles, le 17 avril 2007

 

 

Partager cet article
Repost0
15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 19:22

Ce vendredi 13 avril 2007, à l’issue d’une marche qui les a menés de la porte de Namur au n°35 Rue aux Chaux à 1000 Bruxelles, siège du gouvernement flamand, des associations congolaises de Belgique ont remis un mémo à l’intention de monsieur Yves Leterme, Ministre-Président de la communauté flamande.

 

Une délégation des congolais de Liège arrivera par un car loué pour la circonstance et parmi eux la section Liège de l’UDPS en boubous à l’effigie de monsieur Etienne Tshisekedi.

 

 

Il est 11h30 quand un groupe des manifestants se pointent à la sortie du métro Porte de Namur. Ils donnent un dernier coup de peinture aux différentes pancartes. Si les habituels slogans anti-Kabila sont là, cette fois, il y a une nouveauté : des écrits en néerlandais dont le plus important : WALLEN BUITTEN CONGO. « Wallons Hors du Congo ! »

 

Pour soutenir cela, des drapeaux et drapelets de la Flandre sont là. Les organisateurs ont dû faire jonction avec quelques organisations flamandes. Ce qui ne sera pas du goût de tout le monde. Pour certains congolais, flamands et wallons, c’est du tout au même. Des engueulades auront même lieu dès le début de la marche avant que Samson Cibayi de Bana Congo n’atterrisse en catastrophe et calme ceux de ses poulains qui étaient surchauffés. Certains boycotteront même la marche.

 

 

Presque au même moment, d’autres petites altercations auront lieu entre des manifestantes portant l’effigie de la prisonnière politique madame NLANDU et celles portant des pagnes à l’effigie de Jean-Pierre Bemba Président de l’UN et du MLC.

 

Insuffisance de concertation avant la manifestation ? Déficience de stratégies ? Lutte pour le leadership ? Bref, une certaine cacophonie entre des groupes sensés avoir un adversaire commun, la division et la dispersion profitant toujours au camp adverse.

 

Il est 13h45 quand, sous bonne escorte policière les manifestants traversent l’avenue Marnix pour emprunter la rue de Namur. Direction, gouvernement flamand non loin de la place Rogier.

 

Une fois à destination, trois délégués sont conduits par la police pour remettre le mémo : madame Brigitte Basolo du collectif des femmes congolaises et messieurs Marius Noko ainsi que Michel Moto.

 

En attendant, les manifestants se passent le mégaphone pour adresser différents messages aux passants et aux curieux.

 

Les délégués qui étaient partis remettre le mémo reviennent. Michel Moto, leur porte-parole fait le compte-rendu en lingala en ces termes:

 

« Nous avons été reçus par monsieur Gert Mulles, conseiller diplomatique et directeur de cabinet de monsieur Yves Leterme, Le Ministre-président étant retenu par une manifestation en dehors de Bruxelles.

 

Notre mémo dénonce les massacres, les pillages et la cession de certaines parties de notre territoire, œuvre du pouvoir actuellement en place à Kinshasa.

 

Cela saute maintenant aux yeux de tout le monde, le processus démocratique au Congo est un échec. Pourtant certaines mains francophones belges en tiraient les ficelles dans l’ombre.

 

La population continue à souffrir, les partis politiques d’opposition sont traqués, emprisonnés, et privés d’expression ; la mauvaise gouvernance bat son plein.

 

Nous avons demandé au parlement flamand d’emboîter le pas au parlement anglais en suspendant toute expulsion des congolais. Les Britanniques ont compris que le Congo est une dictature où la vie des opposants ne vaut pas un clou.

 

Dans sa réponse, monsieur Gert Mulles nous a informé que le Ministre-Président de la communauté flamande suivait ce qui se passe au Congo et avait beaucoup de souci pour le sort du peuple congolais. Ils disposent d’un programme de soutien à caractère social, quoique leur budget ne soit pas très important. »

 

A 15h56, les manifestations se dispersent.

 

 

Cheik FITA

 

Bruxelles, le 15 avril 2007

 

Ci-dessous l’intégralité du mémo

 

Partager cet article
Repost0
11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 17:04

Aujourd’hui, tous les congolais aspirent à une meilleure vie. Le développement de notre pays est tributaire de la force ou non de deux groupes suivants: les partis politiques et la société civile. Dans deux semaines, le discours du Maréchal Mobutu libéralisant les activités politiques et syndicales aura 17 ans. Après autant d’années, le bilan de ce qui nous sert de classe politique n’est pas extraordinaire. Il est même médiocre à plusieurs égards.

 

Quel est celui de la société civile ? Pour l’avenir, comment celle-ci devrait-elle s’organiser désormais ?

 

Après avoir été le fer de lance de différents changements avant et pendant la conférence nationale souveraine, la société civile congolaise a été pratiquement phagocytée par les camps politiques. Pour des raisons de profit personnel, bien de représentants de la société civile ont rejoint corps et biens, les groupements politiques. D’autres ont été réduits au  rang de griots des politiciens au profil peu reluisant.

 

Dans tout cela, c’est le citoyen qui trinque. Lui qui ne sera jamais ni président de la république, ni ministre, ni député, mais n’aura que son boulot, s’il en trouve, comme source de revenu. Il avait naïvement cru qu’après les élections, il y aurait un changement dans son quotidien. Au  lendemain des élections, le « gâteau » s’est partagé entre une clique d’individus. Quelques  milliers seulement.

 

Et  l’avenir meilleur que l’on faisait miroiter à des millions de gueux ? Un mirage ! Ils sont tous tombés dans le panneau, ceux qui ont donné leur suffrage: Pas de création d’emploi, pas de salaires dignes, dans la fonction publique et à l’éducation nationale, pas de transport en commun, pas d’amélioration du réseau électrique ou de distribution d’eau…pas, pas, pas…. Bref, pour beaucoup, c’est la désillusion. « Avant les élections égale après les élections » ou pire, parfois. Les politiques ont réussi à emmener bien de gens en bateau ! Et parmi les complices ?  Une société civile instrumentalisée, émiettée, avec au bout de la chaîne, des citoyens esseulés.

 

L’heure est venue pour que la société civile se ressaisisse, se réorganise et retrouve son identité originelle. Les raisons sont nombreuses et variées.

 

-         Les associations de la société civile sont les plus proches du citoyen, donc de ses problèmes. Se fourvoyer dans le marigot politique congolais revient à abandonner le citoyen à son triste sort.

 

-         Le fonctionnaire, l’enseignant, l’infirmière peut-il avoir meilleur avocat à part lui-même ? Pourquoi ne pas être davantage unis et soudés quant on exerce la même profession ? Pourquoi ne pas créer une plus grande union entre les différentes associations professionnelles ?

 

-         Les associations de la société civile ont l’avantage de pratiquer en leurs seins les principes démocratiques : assemblées générales, élections transparentes, mandats à durée déterminée et pas de présidence à vie. Est-ce le cas dans les partis congolais où le président est tacitement propriétaire de l’organisation ! Conséquence de cet état de choses : des instructions viennent d’en haut avec ce que cela implique de dérive.

 

-         Bien organisée, la société civile est un véritable contre-pouvoir, et dans bien de situations, capable de mettre au pas les institutions en place. Le citoyen demande-t-il mieux ?

 

Toutes les associations professionnelles ou non doivent immédiatement se décarcasser : Avocats, médecins, enseignants, professeurs, artistes, infirmières et infirmiers, femmes commerçantes, étudiants, élèves, parents d’élèves, ouvriers, chefs d’entreprises, taximen, chômeurs, journalistes, syndicats, agriculteurs, éleveurs…

 

À l’heure de la mondialisation, il est du devoir des associations de la société civile congolaise d’être en jonction avec leurs homologues se trouvant en Europe ou en Amérique. Et spécialement les associations des congolais vivant à l’étranger.

 

En Europe, désormais, il est possible d’obtenir différents types d’appui pour les organisations de la société civile au pays : Matériel, financement, formation, assistance technique… Mais l’état de besoin, les projets ne doivent-il pas être établis par ceux qui sont sur terrain au Congo même ?

 

À titre d’illustration, nous épinglerons un cas en cours :

 

L’association POTO MO INDO de Belgique se prépare à mettre sur pied un réseau pour le développement des communautés de base au Congo : en collaboration avec d’autres associations de congolais vivant à l’étranger d’une part, et des associations de la  société civile au Congo, d’autre part. Cela pourrait-il être efficace tant que la société civile se complairait à rester une nébuleuse ?

 

De telles actions ne pourraient-elles pas permettre de contrebalancer les limites de la coopération au développement pratiquée par les partenaires du Congo depuis des décennies : Souvent des projets sans une approche socioculturelle profonde des destinataires. Le souvenir des différents éléphants blancs est encore frais dans nos mémoires. Si après autant d’années de coopération au développement, nos pays sont toujours sans développement, ce qu’il y a problème ! Chez nous bien sûr. Mais chez nos partenaires du Nord aussi.

 

Si la société civile se réveille, est-ce pour autant que le rôle des partis politiques sera amoindri ? Non. Les partis politiques sont créés pour la conquête et l’exercice démocratique du pouvoir. Aujourd’hui, la plupart des partis politiques congolais ont besoin d’une véritable cure. Ils  doivent :

 

-         Davantage démocratiser leur organisation interne

 

-         Avoir dans leurs comités de personnes chargées de différents aspects de la vie nationale : Economie, culture, social, éducation, diplomatie... Pourquoi en cas d’attribution de poste, cela devra-t-il toujours être le président national qui hérite de la nomination ? Pourquoi la succession des présidents « fondateurs » devrait-elle être un sujet tabou ?

 

-         Évaluer et assurer leur importance par le nombre de cartes de membres, vendues.

 

-         Rendre leur implantation réellement nationale en nous libérant des partis d’envergure provinciale voire tribale.

 

-         Assurer leurs finances grâce en premier lieu aux cotisations des membres. Comment pourrait-on prétendre gérer tout un Etat si au niveau du parti on n’est pas en mesure de convaincre les membres à contribuer financièrement à la marche de l’organisation ?

 

-         Vulgariser d’avantage leurs projets de société. Le pouvoir en place au Congo étant légal pour certains, et de fait pour d’autres, Les élections ne sont jamais bien loin : dissolution du parlement, décès ou « impeachment  » du Président, et voilà des élections anticipées ! Dans tous les cas, d’ici quatre ans, les partis devraient être déjà en campagne. Avec quel discours cette fois ?

 

La société civile doit s’assumer : l’heure a sonné pour qu’elle joue véritablement son rôle dans la société congolaise : éveilleur de conscience et acteur socioculturel pour la population,  aiguillon contre le pouvoir en place et la classe politique.

 

 

Cheik FITA

 

 

Bruxelles, le 11 avril 2007

 

Partager cet article
Repost0
6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 18:49

 

Dans un parcours politique, il faut plus planter l’amitié que l’adversité. Les Congolais vivant à l’étranger avait réclamé des élections libres, transparentes et inclusives, le pouvoir en place ne les avait pas écoutés. Ils avaient demandé qu’ils votent, on les avait ignorés. Aujourd’hui, trois mois après leur reconduction par des élections que l’Union européenne avait soutenu contre vents et marées, une évidence s’impose : le démarrage de la troisième république a des ratés : tueries au Bas Congo, tueries à Kinshasa, occupation de Kahemba au Bandundu, insécurité au Nord Kivu, musellement de la presse, emprisonnement des opposants…

 

C’est pour dénoncer tout cela que ce vendredi 6 avril 2007, vendredi saint, une centaine de congolais ont marché à Bruxelles, de la porte de Namur à l’Union européenne, vers le rond-point Schuman. Le tandem Kabila-Gizenga peut être sûr d’une chose : Les Congolais de Belgique ne leur feront pas de cadeaux. Bien au contraire.

 

Vers 11h50, les unités de la police chargées  d’encadrer la manifestation se mettent progressivement en place. A 12h00, heure prévue pour le début de la marche, la police est déjà prête. A la sortie de la bouche du métro on voit plutôt deux mendiants. L’un au sommet de l’escalator, l’autre quelques mètres plus loin, à genou sur un cartable d’écolier. Aucun congolais en vue ! Le premier membre de l’organisation arrive à 12h08, sifflet aux lèvres, entre les bras un panneau dénonçant monsieur Kabila. D’autres panneaux et banderoles arriveront ensuite. Dans le club de ceux  qui ont droit à avoir leurs noms sur les tracts et banderoles des Congolais de Belgique, un nouveau venu  Dos Santos, président de l’Angola pour l’affaire Kahemba.

 

Durant près de 45 minutes, il n’y aura pas plus de 20 personnes, heure congolaise oblige. Les sifflets de certains manifestants sont si stridents qu’un incident est évité de justesse avec une dame d’origine asiatique. Quelques mots discourtois sont échangés mais la police calme rapidement la situation.

 

A 13h06, les manifestants descendent enfin sur la chaussée d’Ixelles pour commencer la marche, après avoir vainement tenté de se rendre d’abord dans la galerie d’Ixelles pour mobiliser ceux qui y traînent. Au croisement  Marnix-Trône, le nombre de manifestants augmente sensiblement. Voulant emprunter le boulevard du Régent, les manifestants sont stoppés par la police. Palabres, légères engueulades, encore un peu, quelques manifestants auraient été traités d’une façon plus musclée. Les bus 54 et 71 ne peuvent plus passer. Les inspecteurs de police en civil, habitués aux congolais parviennent à convaincre les manifestants à emprunter la trajectoire qui avait été autorisée.

 

L’ambassade des Etats-Unis est en vue. La marche ne devrait pas passer par-là. Apparaît alors un nombre impressionnant de policiers anti-émeutes. Ils bloquent toutes les issues, ne laissant aux manifestants qu’une seule alternative : la trajectoire autorisée. Il en sera ainsi jusqu’à la fin de la marche. La trajectoire en question sera une suite de ruelles.

 

Conséquence, aux croisements de la très fréquentée rue Belliard et  commerce, les manifestants s’asseyent sur la chaussée, gênant considérablement la circulation et brandissant les différentes pancartes vers les conducteurs immobiles. Nouvelles palabres, nouvelle diplomatie des policiers en civil.

 

C’est sur la rue  Charles de Lalaing que les esprits vont sérieusement se chauffer. Monsieur Léonard Mpoyi, représentant de l’UDPS en Norvège qui était aussi de la marche prend un mégaphone pour s’adresser aux policiers en fustigeant ce désir  apparent de « cacher » la manifestation, alors que par définition, une manifestation est faite pour être vue, là où il y a des gens, c’est-à-dire, sur les grandes artères.

 

A 15h01, les manifestants arrivent à l’avenue Auderghem : elle est également barricadée. Unique issue, une autre petite rue : la rue joyeuse entrée. Francis Tombolo Kalombo du congrès mondial des congolais vivant à l’étranger remonte la dite ruelle, venant du rond-point Schuman. Il  annonce : « D’où je viens, tout est barricadé. Impossible d’accéder aux immeubles de l’Union européenne. »

 

C’est dans un véritable cloaque que se terminera la marche, les manifestants étant pris en tenaille par la police. Un mémo préparé par les Bana Congo, doit être remis à la commission européenne. Seule cinq personnes ont l’autorisation de traverser la barricade : Samson Cibayi Mukuta, président des Bana Congo, madame Josée Goyi représentant les mamans congolaises, le musicien Boketshu et deux journalistes.

 

Une fois la barricade franchie, une surprise nous attend. Les hauts fonctionnaires de l’union européenne sont déjà en congé de pâques depuis la veille à midi. C’est en pleine rue que nous sommes reçus par monsieur Pissoort, chef de la sécurité à l’union européenne.

 

Avant de remettre le mémo préparé pour la circonstance, le président des Bana Congo explique au délégué de l’union européenne ce qui a motivé cette marche.

 

-         Depuis le début de ce qui devrait être la troisième république, on assiste au Congo à  des tueries et à l’occupation de certaines parties de notre pays par des Etats voisins

 

-         Les Congolais vivant à l’étranger avaient souhaité qu’il y ait de bonnes élections au Congo. En a-t-il été ainsi ?

 

-         L’union européenne, sous l’influence de quelques-uns de ses membres a engagé de fonds énormes dans le processus électoral au Congo.

 

-         Aujourd’hui, au lieu que ce soit l’espoir qui revienne au Congo, c’est plutôt le cauchemar qui arrive pour le peuple.

 

-         La marche est destinée à dénoncer le système en place, tout en demandant à l’Union européenne de ne pas le soutenir, compte tenu des entraves à la démocratie et aux droits de l’homme. L’union européenne a été induite en erreur.

 

-         Elle devra rectifier le tir.

 

-         Les Congolais vivant à l’étranger ne reconnaissent pas le système en place au Congo

 

-         Que l’Union européenne programme une rencontre d’échange de vues avec les congolais vivant à l’étranger.

 

-         Il y a eu des tueries. Assisterons-nous à l’impunité, ou l’Union européenne aura le courage de faire un pas vers la sanction des coupables ?

 

-         Dans tous les cas, Union européenne ou pas, les Congolais sont décidés à trouver une solution aux problèmes qui  minent leur pays.

 

Monsieur Pissoort promet de remettre le mémo à qui de droit, espérant qu’une suite y sera accordée. N’étant pas mandaté pour traiter du fonds du problème, il ne pouvait guère dire plus.

 

De retour vers les manifestants, le président des Bana Congo rend compte de l’entrevue avant de disperser les gens. Il est 15h48 quand tout le monde s’en va. Aucun incident majeur n’a été déploré. Néanmoins, arrivés sur le quai, ceux qui ont pris le métro à la station Schuman brandissent les différents panneaux à l’intention des autres passagers, dénonçant au passage un parti belge considéré comme le grand parrain du système politique au Congo.

 

Bruxelles, le 6 avril 2007

 

 

Cheik FITA

 

Ci-dessous le mémo remis à l’Union européenne.

 

 

Vendredi 06 Avril 2007

 

 

MEMORANDUM
DE

 

BANA CONGO

 

Mouvement de Pression et de Liberation du Congo

 

 

 

A l'attention du président de la commission européenne Mr José Manuel Barroso

 

 

Objet : Dénonciation de la complicité de la

 

Commission Européenne dans les

 

massacres perpétré en RDC depuis

 

 la fin de la transition politique

 

 

 

Mr le president

 

 

Face au constat d'échec du processus de démocratisation et de pacification de la République démocratique du Congo, le Peuple congolais, les Forces vives et politiques de la RD Congo et Bana Congo condamnent, avec force, les massacres barbares perpétrés par les présidents Joseph Kabila et Eduardo Dos Santos.

 

Depuis la fin des élections dites « démocratiques et transparentes », le peuple congolais a subi trois guerres urbaines, fruit de la volonté affichée et revendiquée par Joseph Kabila, au nom du respect de l'autorité, a-t-il clamé.

 

On se rappellera qu'avant notre manifestation du 30 juin 2005 au cours de laquelle nous réclamions la fin de la Transition , li nous a été promis la paix à l'issue des élections.

 

Où en sommes-nous aujourd'hui ?

 

Plus de 3000 morts, décapités, éventrés, viols, assassinats politiques, arrestations arbitraires, empoissonnements, tortures, confiscations de liberté, musellement de la presse indépendante, et nous en passons...

 

Face à cette situation, le mutisme des donneurs de leçon ou faiseurs de paix, selon les termes consacrés est assourdissant.

 

Où sont-ils aujourd'hui, ceux qui affirmaient que Kabila est l'espoir du Congo ?

 

Où est le rapport d'enquête menée – tambours battants – par l'Eufor et la Monuc sur les événements macabres du 20, 21, 22 août 2006 autour des résidences de Jean Pierre Bemba ? Souvenez vous, ces événements ont vu la prise en otage de 14 ambassadeurs du CIAT par la milice GSSP de Joseph Kabila.

 

Nous Bana Congo, avions prédit ces événements :

 

         Nous avions déclaré, il y a plus de deux ans, que l'on ne peut aller aux élections avec des criminels de guerre;

 

         Nous avions demandé l'organisation des concertations entre toutes les forces politiques du Congo;

 

         Nous avions exigé l'inclusivité de toutes les forces politiques dans le processus électoral;

 

         Nous avions demandé le respect de la vérité des urnes, face à la tricherie généralisée et évidente organisée pendant les élections.

 

Tout cela nous a été refusé avec mépris et condescendance.

 

Où en sommes-nous aujourd'hui ? Qui est méprisable ?

 

A ce jour, notre peuple se meurt parce que personne n'a voulu l'écouter.

 

Nous ne jubilons pas d'avoir eu raison, parce que toutes les victimes de cette barbarie sont congolaises et n'ont rien demandé pour mériter ce sort.

 

A ce jour, les 14 ambassadeurs du CIAT nous rejoignent pour condamner leur protégé, Mr Joseph Kabila, « l'espoir du Congo ». L'espoir dans le sang ?

 

Où sont les sanctions ?

 

Qui va payer la facture de ce sang qui a coulé?

 

La Communauté Internationale et son argent ?

 

Le Commissaire Louis Michel va-t-il enterrer les morts, éduquer les enfants orphelins, épouser les veuves au nom des 450 millions de dollars qu'il avait déboursé pour organiser les élections à tout prix ?

 

Notre souci a toujours été d'instaurer l'état de droit au Congo.

 

Nous n'accepterons jamais la dérive dictatoriale qui se met en place aujourd'hui avec la bénédiction et l'accompagnement de certains milieux maffieux occidentaux.

 

Nous sommes déterminés à employer tous les moyens existant pour mettre en place la vraie démocratie.

 

Nous vous demandons, pour une fois, de considérer la position de Bana Congo autrement que par le mépris et la condescendance. Notre cause est juste et ce qui précède nous le confirme.

 

Nous vous recommandons de réparer le mal qui a été fait avec votre bénédiction. Nous ne laisserons pas ces morts partir sans que les auteurs, les commanditaires et les responsables ne soient poursuivi et puni sans exception aucune. Et pour y arriver Bana Congo et l'ensemble des forces du changement ont tout leur temps et emploieront tous
les moyens légaux pour obtenir auprès de qui de droit.

 

Veuillez agréer Monsieur le président nos salutations les plus distinguées.

 

 

Le président

 

 

SAMSON CIBAYI MUKUTA

 

 

E-mail : cibayimukuta@hotmail.com
Tél. 0473.76.75.37

 

Partager cet article
Repost0
5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 18:25
Partager cet article
Repost0

ANNONCES...MESSAGES

 

http://www.livetvmonde.com/2015/01/rtnc-radio-television-nationale_17.html

 

http:// http://www.rfi.fr/afrique/

 

http://www.voaafrique.com/p/4938.html

 http://www.radiookapi.net/

http://www.tv5monde.com/TV5Site/afrique/

 

http://www.congoindependant.com/

 

http://congolaisdebelgique.be/

LIBERTE DE LA PRESSE.  Charles Goerens, eurodéputé et ancien ministre luxembourgeois 

Cheik Fita et, dramaturge et Journaliste congolais 

 LIVRES: 

RD Congo, sans un seul coup de feu

 

 

 

 

 

 

RD CONGO, LA DÉMOCRATIE assassinée?

De Cheik FITA

(Cliquez sur la Couverture pour l'agrandir

et lire le résumé)

couverture démocratie assassinée

Moins Homme dite la guerre de Kolwezi. Théâtre

DISPONIBLES

Nous contacter en cliquant sur le lien suivant: http://www.cheikfitanews.net/contact

Liens de sites recommandés

 http://www.antennemondesocietecivile-rdcongo.com/

 http://aprodec.blog4ever.com/

http://www.congoindependant.com

http://www.cheikfitanews.net/ 

 http://banamikili.skyrock.com/

antennemondesocietecivile-rdcongo.com​

RD CONGO 2011 LES ELECTIONS DE LA HONTE

 rapport de la mission d’observation de l’Union Européenne lien 

http://www.eueom.eu/files/pressreleases/english/RFEUEOMRDC2011comp.pdf

FOCUS

Liens